Son passage à la barre était attendu, surtout après les «révélations» de son ex-aide de camp, Toumba Diakité qui y est passé une dizaine de jours. Mais jusque-là, rien de consistant n’y est sorti.
Après une semaine d’audience, le capitaine Moussa Dadis Camara (un des principaux accusés), semble avoir opté pour le déni comme ligne de défense. Aux questions du parquet qui pouvaient le faire sortir de sa réserve, il s’est lancé dans des commentaires évasifs et passé le clair de son discours à charger Toumba Diakité qui a conquis des cœurs après son passage. De la naissance du CNRD au tir à bout portant qui l’a envoyé au Maroc pour des soins en passant par les évènements du 28 septembre, Dadis Camara a battu en brèche les déclarations de son ex-aide de camp. Pire, encore, il clame son innocence et pousse par moments l’outrecuidance de crier au complot. Lequel complot serait, selon lui, l’œuvre du Pr Alpha Condé et de l’ancien numéro 2 du CNRD, le général Sékouba Konaté pour le renverser.
Avec ce qui a été donné de voir, il est clair que la vérité sur l’innommable du 28 septembre 2008, n’est pas prête de surgir. Si l’on s’en tient à ce qui est raconté à la barre par l’ancien président, on pourrait avoir des doutes sur l’étendue du massacre et des violences des jours suivants qui a ému plus d’un à travers le monde. En attendant le passage des avocats de la partie civile et de ses coaccusés qui tenteront de lui cracher les morceaux, la prestation de l’ex-chef du CNRD laisse plus d’un sur sa faim et les parents des victimes sur leur soif de justice. Il confirme ce qu’avaient prédit nombre d’observateurs sur son compte après son faux bond pour raison de santé: demeurer dans le déni pour «sauver sa tête». Sa stratégie sera-t-elle payante ? Rien ne le garantit, car des «preuves» pourraient surgir dans les prochains jours et mettre l’ancien truculent capitaine en difficulté.
La rédaction


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