Quitus du parlement burkinabè pour l’envoi d’un corps expéditionnaire au Niger : Parce que c’est Niamey, parce que c’est Ouaga !

Quitus du parlement burkinabè pour l’envoi d’un corps expéditionnaire au Niger : Parce que c’est Niamey, parce que c’est Ouaga !

 

C’est le vernis légal apporté à une décision à laquelle les autorités de Transition au Burkina Faso attachent du prix : le soutien militaire aux putschistes de Niamey et au peuple nigérien contre une éventuelle intervention des casques blancs de la CEDEAO pour chasser le général Abdourahamane Tiani et son quarteron de colonels, afin de rétablir le président déchu, Mohamed Bazoum démocratiquement élu.

Annoncé à grands coups médiatiques, répété comme un mantra par le capitaine IB et plusieurs de ses proches collaborateurs, le soutien militaire au Niger est devenu un impératif catégorique pour le Burkina Faso. Concomitamment à l’annonce par exemple du tout-puissant ministre d’Etat  chargé de la Fonction publique, Bassolma Bazié, sur la tribune du G77 + la Chine «Le Burkina Faso, sans hypocrisie, soutient fermement le peuple frère du Niger» le Mali, le Burkina et le Niger ont mis sur les fonts baptismaux l’Alliance des Etats sahéliens (AES) un G3 ou une petite OTAN sous-Sahel, pour défendre les 3 pays contre toute agression. Mais, la création de l’AES qui survient comme on le sait dans l’atmosphère délétère et conflictogène sous-régionale suite justement au coup d’Etat du Niger, la naissance de cette AES dans ces conditions incite à penser que c’est plus une Alliance pour avertir la CEDEAO, la France et toute autre puissance, qu’on ne touchera pas impunément au CNSP !

Le Dr Ousmane Bougouma, occupant du perchoir  et ses parlementaires, en votant à l’unanimité hier mardi 19 septembre cette loi qui permet de convoyer des soldats burkinabè au Niger, donnent le feu vert à l’Exécutif de participer à une éventuelle guerre contre le Niger. Dans les faits, des soldats burkinabè avaient même été dépêchés à la  frontière entre les 2 pays au lendemain du sommet de la CEDEAO, le 30 juillet 2023, au cours duquel, la menace d’«une intervention au Niger avait été signifiée aux putschistes».

L’Exécutif burkinabè s’entoure donc d’une loi même si c’est presqu’à postiori qui lui permet d’envoyer des soldats faire la guerre dans un autre pays que le Faso. Juridiquement, on ne peut rien reprocher au gouvernement burkinabè de requérir l’avis de l’ALT avant de s’engager dans une possible guerre dans un pays voisin. C’est désormais parce que c’est Niamey, parce que c’est Ouaga pour paraphraser Montaigne au sujet de La Boétie.

Maintenant, sur le plan de la casuistique et bien d’autres considérations, d’aucuns peuvent trouver à redire. C’est un choix d’un pouvoir de Transition, militaire de surcroit et qui a opté de faire dans le changement, quitte à casser des codes, à rebuter, à créer des inimitiés inextinguibles, mais le MPSR 2 semble décider à faire ce qu’il estime être son devoir, et bénéfique pour le Burkina Faso. Serait-ce le cas ? Les Burkinabè jugeront L’Histoire surtout seul maître in fine, portera sa sentence sans appel et sans repentir ! 

Dieudonné Zowenmanogo Zoungrana

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