C’est une douche froide pour le président Archange Touadera, qui, à la veille du dialogue républicain qui débute en principe ce matin 21 mars 2022, apprend que l’ensemble de la classe politique a décidé de pratiquer la politique de la chaise vide. Le boycott actif des partis politiques est arc-bouté à plusieurs griefs notamment selon Me Nicolas Tchangai, le porte-parole des boycotteurs à :
– La nécessité de participation des groupes armés.
– Le retour sur un début franc et sans tabou sur la crise électorale de 2020, où les opposants estiment que plus de 1/3 des électeurs est allé à la pêche.
Véritable revers pour le locataire du palais de la Renaissance, mais signe aussi que cet arbre à palabre, censé apporter le vivre-ensemble et faire cesser les bruits des armes est voué déjà à un demi-échec, faute de représentants valables et crédibles.
Si on a souvent reproché aux opposants de la RCA d’être plutôt des rebellions, car la ligne de démarcation entre formations politiques et groupes armés n’est pas étanche, pour ce coup-ci, ils ont bien piégé le pouvoir.
Mais surtout dans cet Etat failli tenu à bout de bras par Wagner, le groupe paramilitaire russe et les Rwandais, qui disputent le pays aux rebellions scissipares qui ont pour noms UPC de Ali Darassa Mahamat, FPRC de Nouredine Adam et Abdoulaye Hissène, ou encore MPC de Mahamat Al-Katim qui, depuis son Tchad natal s’est déployé sur les rives de l’Oubangui-Chari, sans oublier les différents groupes anti-Balaka et pro-seleka dans ce pseudo-Etat donc, l’esprit semble ne pas être à la palabre inclusive.
Et on oublie, l’ex-chef d’Etat françois Bozizé, qui a abandonné son parti le KNK pour cornaquer désormais la coalition rebelle CPC en décembre 2020 n’y est pas aussi véritablement dans cette aventure. Un Bozizé qui cultive tellement l’ambigüité qu’on ne sait même pas quoi penser de lui, même si on est sûr que l’ancien putschiste écarté de la présidentielle, rumine toujours une revanche.
Dialoguer en RCA pour aboutir à quoi si ceux qui tiennent la réalité du terrain sont aux abonnés absents ? Peut-être qu’il faudra revoir le format, essayer de ramener tout ce beau monde à la table de discussions afin que ce ne soit pas un cénacle pour rien.
Véritablement, le président Archange Touadera qui sait qu’il règne sur une RCA en béquille, doit revoir le mode d’emploi de cette catharsis, car un dialogue qui n’est pas inclusif est un coup d’épée dans le fleuve Oubangui. Encore une fois, la RCA est à la croisée des chemins, au moment, où elle cherche le fil de la concorde, elle est confrontée à des réalités insolubles.
La REDACTION


COMMENTAIRES