Référendum constitutionnel controversé au Mali : Malgré l’injonction de plier bagage, la MINUSMA sécurise le vote avec 182 agents

Référendum constitutionnel controversé au Mali : Malgré l’injonction de plier bagage, la MINUSMA sécurise le vote avec 182 agents

Drôle de posture que celle de la MINUSMA à laquelle a enjoint le gouvernement malien de partir, alors que s’est déroulé hier 18 juin un référendum constitutionnel controversé, auquel 182 des agents de cette même MINUSMA ont apporté leur concours sécuritaire à l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE). Autrement dit, à l’Administration électorale, celle-là même chargée de veiller en amont et en aval au bon déroulement du scrutin, le premier depuis l’avènement du pouvoir kaki au Mali il y a 3 ans. Il n’y a pas d’observateurs étrangers.

Peut-être qu’après le vote, la MINUSMA qui était sursitaire, depuis l’expulsion de son chargé de communication Olivier Salgado le 20 juillet 2022 et l’enquête qu’elle a menée sur les massacres de Moura, qui a mis les FAMa sur le gril, tous ces faits avaient mis les soldats onusiens sous le collimateur des autorités de la Transition.

Quid de ce référendum censé doter le Mali d’une nouvelle Loi fondamentale ? Le premier défi sécuritaire semble avoir été gagné sur ce vaste territoire, même si le Nord et le Nord-Est n’ont pas pu voter pour des raisons multiples :

– Il y a évidemment des zones qui ne veulent pas de ce vote, telle Kidal, fief de la CMA qui rejette cette Constitution à venir, alors qu’elle devrait théoriquement régler une partie des questions de l’inertie des Accords d’Alger de 2015. Ou encore à Douentza, au Centre du Mali, infesté de djihadistes.

– Il y a également une ville comme Aguelok où les populations sont sorties massivement  hier jour du vote, brandissant des banderoles avec le «Non» qui est inscrit.

– Comment ne pas mentionner la CMAS cornaqué par l’imam Dicko, qui a appelé à voter «Non» à cette nouvelle constitution pour cause de laïcité qui y est inscrite.

Le corps électoral, fort de 8,4 millions d’électeurs maliens, pourrait donc ne pas connaître un taux de participation très élevé, avec ces zones insécurisées et ces boycotteurs et partisans du «Non».

Serait-ce le bulletin blanc le «Oui» qui l’emportera et avec quel pourcentage, où le rouge le «Non» ? Vraisemblablement, le «Oui» pourrait s’imposer, et que fera Assimi Goïta avec l’instauration désormais d’un pouvoir présidentialiste très fort, avec prérogatives au chef de l’Etat de congédier premier ministre (et gouvernement) lequel chef de gouvernement n’est plus responsable devant l’Assemblée nationale ? Comment gérer la partie des Maliens (dont certains opposants) qui ne manqueront pas de faire entendre leur voix ? la création d’un Senat forcément budgétivore n’est-elle pas inutile ? comment réléguer le français au rang de langue de travail ?  Les autorités traditionnelles qui auront une place de choix pourront-elles jouer vraiment un rôle ? Quel genre de justice traditionnelle présente dans cette nouvelle constitution, sera-t-elle appliquée ? Et enfin, la question qui turlupine Maliens et Communauté internationale : Assimi Goïta sera-t-il candidat ou non ? Pour le moment  attendons les résultats d’ici 48h.

La REDACTION

COMMENTAIRES

WORDPRESS: 0
Aujourd'hui au Faso

GRATUIT
VOIR