Il n’y a pas que les flonflons, la fanfare, le tapis rouge, le bain de foule et le pas lesté de l’ex-légionnaire qui auront marqué le retour en Guinée du président Mamadi Doumbouya ce 6 mars 2026, après 3 semaines d’absence au cours desquelles on a jasé sur sa santé, certains le donnant même pour grabataire. Non, ce come-back triomphal est sous-tendu aussi par un fait majeur politique : une quarantaine de partis politiques ont été biffés du paysage national dont les 3 principaux (RPG, UFR et UFDG) par le ministère de l’Administration Territoriale pour « manquements à leurs obligations ». Épilogue d’une diète existentielle qui frappait déjà ces formations politiques, car suspendues depuis plusieurs mois et sommées de se mettre en règle !
Une délégitimation en bonne et due forme, après la présidentielle censitaire de décembre dernier, qui fait place nette à la plateforme du pouvoir, le GMD, lequel après la victoire de son champion campe désormais sur les législatives et les municipales dans 2 mois.
Perte de personnalité morale et de statut juridique, interdiction d’user des sigles et logos, leurs locaux et sièges scellés, et leurs biens mis sous séquestre en attendant de voir.
À contrario, le GMD – Bâtir ensemble, galaxie présidentielle autour de laquelle gravitent plusieurs orbites, a le vent en poupe et comme l’a dit le Premier ministre Bah Oury, la Guinée a besoin d’un parti qui construit. Après donc la présidentielle en quasi solitaire, voici que pour les autres scrutins, ce sera le parti de Doumbouya et ses accompagnateurs qui seront sur la ligne de départ.
Verrouiller tout le microcosme, créer de fait un parti-État, voilà ce que concocte le colosse-président de Conakry. Le taiseux dirigeant de Guinée qui s’est absous par les urnes veut un climax politique pour gouverner tranquillement (sauf évidemment du côté de ses frères d’armes) et rien de tel que de tout élaguer pour que Génération pour la modernité et le développement (GMD) – Bâtir ensemble puisse être hypermajoritaire partout. Suprématie politique plus les bâillonnements que lui et ses fidèles proches tiennent, c’est tout le pouvoir que prend Doumbouya. Pour le bien de la Guinée ?
Aujourd’hui au Faso


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