Ce n’est pas à proprement parler d’une bérézina électorale pour le regroupement présidentiel Benno Bokk Yakaar aux législatives du 31 juillet dernier, mais c’est un échec, une «défaite», car lorsqu’un chef d’Etat est au pouvoir et qu’à des législatives qui tiennent lieu de «1er tour à la présidentielle» prochaine, lorsqu’un président voit son parti perdre 45 sièges par rapport aux précédentes législatives et coiffer l’opposition sur le fil du rasoir (82 sièges contre 80) et se voit contraint de négocier avec de «petits partis» pour se coltiner les 3 députés non-apparentés pour avoir la majorité, chose qu’effectue aussi l’opposition quand on en est là, c’est que la majorité au Sénégal a perdu du terrain.
Oui, la fessée électorale n’a pas eu lieu mais, Benno Bokk Yakaar fait grise mine et certains des caciques du camp présidentiel reconnaissent ouvertement un «échec» !
Car avec ses 56 députés Yewwi Asken Wi et les 24 autres pour Wallu, l’intercoalition Yewwi-Wallu a presqu’atteint son objectif : Etre majoritaire à l’hémicycle et imposer une cohabitation à l’actuel président Macky Sall.
Quel que soit d’ailleurs le scénario que le trio de député très courtisé va adopter, c’est-à-dire qu’il aille chez Benno Bokk Yakaar ou au regroupement Yewwi, la tâche se complexifie pour la suite du mandat de Macky Sall et surtout pour son terme dans 19 mois.
D’abord, qui sera le Premier ministre après l’interlude de 2 ans ? (Poste supprimé en 2019 et rétabli en décembre 2021). Le chef de l’Etat a promis de pourvoir la fonction après les législatives. A qui reviendra cette primature dont le locataire devra épauler Macky Sall, sur la route de son dernier mandat en principe si l’on s’en tient aux dispositions constitutionnelles, notamment à l’article 27 ? Technocrate ou politique le prochain chef de gouvernement sénégalais devra être un véritable éperon pour Macky, un pare-feu, contre les difficultés qui se multiplieront au fur et à mesure que la fin du mandat approche.
A cette équation premier ministérielle, vient s’ajouter celle du 3e mandat qu’on a mis de force dans la tête du président. Touchera-t-il à l’article 27 pour biffer le «nul ne peut exercer plus de deux mandats» pour tenter ce que ses prédécesseurs ont essayé plus ou moins avec insuccès ?
«Gorgui» a cessé d’être «dolé nou» en 2012 lorsqu’il a mis en ballon d’essai son quart bloquant, son 3e mandat et la dévolution filiale du pouvoir pour finalement de guerre lasse, être terrassé par Macky Sall. Avant Abdoulaye Wade en 2000, Abdou Diouf a été battu, en tombant sous les charmes du mandat de trop. Seul, le président-poète, Léopold Sédar Senghor, a décidé de passer le témoin à Diouf en 1980, il avait été taxé à l’époque de «lâcheur» par ses pairs qui étaient accrochés à leur fauteuil.
Aucune planète n’est donc alignée sur la réalisation d’un 3e bail et au regard de la configuration parlementaire qui se dessine, du tir de barrage de l’opposition sur cette velléité de 3e mandat prêtée à Macky, ce dernier serait bien inspiré de mettre sous éteignoir ce désir, s’il est réel. Il doit faire un deuil définitif sur ce mandat caressé ou non. Non seulement, il sortirait par la grande porte, et éviterait au Sénégal des risques de soubresauts, dont nul ne connaît l’issue.
La REDACTION


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