Deux attaques meurtrières dans le septentrion notamment aux encablures de la Pendjari, trois attaques à la bombe ( mardi 8 et jeudi 10 février 2022) avec 9 morts dont un Français et 12 blessés et le 11 avril 2022 avec 5 soldats tués ont suffi amplement à Patrice Talon de juger à juste titre que les Béninois avaient besoin de renfort pour étoffer davantage les troupes, et d’expertise aussi. Et il n’y avait pas plus disponibles et plus aguerries que ses troupes évoluant à la MINUSMA, c’est-à-dire sur les dunes de sable du Mali.
Fin avril dernier donc par un épistolaire du ministre des Affaires étrangères du Bénin, atterri sur la Maison en verre de New-York (siège de l’ONU), il est écrit que le pays veut le retrait de 2 unités béninoises de la MINUSMA, une compagnie d’infanterie et une unité de la police. Par cette note verbale de la diplomatie béninoise, c’est 250 fantassins de Senou et 140 policiers basés à Kidal qui sont ainsi rappelés au Bénin, soit 390 éléments pour aider à lutter contre les terroristes qui ont pris pied sur les côtes béninoise et togolaise. Même si ce retour des Béninois de la MINUSMA se fera étape par étape, le 5 novembre 2022 pour l’infanterie, et une année plus tard pour la police, c’est un grand signal pour ne pas dire un affaiblissement des Casques bleus, même si l’Allemagne a annoncé vouloir envoyer 300 militaires.
La dégradation sécuritaire au Nord du Bénin où coup après coup, les terroristes montrent clairement qu’ils ont traversé le Mali, le Burkina, et qu’ils lorgnent les ports béninois et togolais, cette insécurité dans cette partie du Bénin explique ce rappel des 390 personnels de la MINUSMA.
Et c’est encore une mauvaise nouvelle pour le Mali, car après le retour forcé en cours de Barkhane, que tente de remplacer Wagner, les Casques bleus qui vont recevoir le chapitre 7 de l’ONU ; selon la promesse de Antonio Guterres, ces soldats de la paix allaient voir leur mandat se muscler avec cette nouvelle onction onusienne, et ce n’est pas rien. Peut-être que les supplétifs de Wagner font du bon boulot, mais la MINUSMA en s’étiolant de personnels africains, qui doivent être concernés au premier chef par ce terrorisme, n’arrange pas le Mali ni le Sahel. Si parfois justement les éléments de cette MINUSMA sont restés cois, le fusil au pied, c’est parce qu’ils n’ont pas été instruits à combattre comme les FAMa ou Barkhane.
Avec ce chapitre 7 refusé au G5 Sahel qui se meurt, la MINUSMA pourrait être d’un apport précieux dans cette lutte contre le terrorisme. Et il faut même espérer que l’exemple béninois ne fasse boule de neige, car ce serait la totale pour le Mali.
La REDACTION

COMMENTAIRES