Une semaine ! A peine une semaine que l’avènement du CNSP a eu lieu et déjà 2 médias français en l’occurrence RFI et France 24 sont suspendus au Niger ! ça n’a pas traîné, car si au Mali et au Burkina, ce fut bien des mois après l’arrivée des transitions kakies, au Niger, le général Tchiani et ses hommes ont préféré taper sur ces 2 médias, bouc-émissairisés, et surtout à quelques jours d’un ultimatum de la CEDEAO, qui menace d’intervenir par la force. Une intervention que les putschistes voient comme une manigance de la France via la CEDEAO pour punir ces militaires putschistes et réinstaller Mohamed Bazoum au pouvoir.
Après le Mali, le Burkina, ces 2 médias considérés comme la voix du maître, le porte-voix de la France se voient muselés au Niger. Au Mali, le traitement des infos relatives à la lutte contre le terrorisme a été la raison invoquée pour suspendre RFI et France 24, et au Burkina, des considérations ethniques et un tantinet professionnels liés aussi à la guerre contre les katibas, au Niger, cornaqué aussi par des soldats au pouvoir, ce silence radio et écran noir sont dus à des rancœurs recuites et griefs contre la France. Plusieurs raisons certes mais en lame de fond le comportement de la France dans son ex-précarré qui est mis à l’index.
Ce grand-voile jeté sur les médias français est une atteinte à la liberté de la presse quelle que soit la raison, même quand on sait que lorsque la sécurité d’un Etat est en jeu, on régule l’information. Au-delà de la France qui condamne cette double suspension concomitante, c’est toute la corporation au Niger, et dans la sous-région, qui voient se restreindre un des droits fondamentaux : celui de la liberté d’expression.
3 pays du sahel, 3 oukases suspensifs contre 2 médias emblématiques de la France, adossés qui plus est au Quai d’Orsay donc des décisions contre la politique française au Sahel.
Et si ce pas a été franchi, il n’est pas superfétatoire de se demander, si les 1 500 soldats de l’ex-Barkhane ne vont pas être priés de faire leurs paquetages. Les manifestations anti-françaises qui ont lieu à l’occasion de la fête nationale du Niger et toutes les activités perlées contre la CEDEAO et la France sont autant de défouloir, mais aussi un marqueur du changement de rapport Sahel-France voir Afrique-France. La géopolitique et la guerre chaude-froide venue de la mer noire frappe fort sur le Sahel, avec des miasmes divers au Mali, Burkina et au Niger. Le Niger sera un des laboratoires de ce changement de paradigme.
La rédaction


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