ce week-end, l’encéphalogramme, politique du Burkina a tutoyé le mont Ténakrou, la montagne la plus élevée du pays. 24 heures après le remerciement du désormais ex-PM Apollinaire Joachimson Kyélèm de Tambèla, le président du Faso, le capitaine IB nommait son remplaçant : Rimtalba Jean-Emmanuel Ouédraogo qui était ministre d’Etat, ministre de la Commination, de la Culture, des Arts et du Tourisme, porte-parole du gouvernement.
Sauf erreur ou omission, c’est la deuxième fois dans l’histoire politique du Burkina, qu’un journaliste occupe cette haute fonction. En effet, après l’insurrection d’avril 2011 qui avait contraint Blaise Compaoré à dissoudre le gouvernement de Tertus Zongo, ce fut un journaliste Beyon Luc Adolphe Tiao que l’ancien deus ex-machina politique a appelé pour être chef de gouvernement. Ex-directeur de Sidwaya, ancien patron du CSC, ambassadeur à Paris, Tiao avait été nommé PM. Un grand clin d’œil aux journalistes et communicateurs à l’époque. Ce qui avait été une surprise du chef, puisque le sortant Tertus Zongo avait toujours la confiance de Blaise, et même donné restant !
13 années après, l’histoire se remet à bégayer : l’ex-Rédacteur en chef de la TNB et DG de cette même télé, est depuis ce samedi 7 décembre 2024, le nouveau Premier ministre du Burkina Faso. Deux grilles de lecture peuvent être tirées de cette nomination de Jean-Emmanuel Ouédraogo :
1) En bombardant premier ministre celui qu’il avait déjà hissé ministre d’Etat, le 1er août 2024, le capitaine-président du Burkina, au-delà de la personne de Rimtalba Jean-Emmanuel fait une mention spéciale à la profession. Dans ce Burkina Faso, où la pratique du métier est devenue à géométrie variable, sujet à polémique, que ne facilitent d’ailleurs pas nos «confrères» de la Toile, nommer un journaliste à ce 1er poste de l’exécutif, c’est assurément comme pour dire aux médias : «Vous voyez, je n’ai rien contre vous». L’actuel PM a été un bon porte-parole, car il a porté la parole du gouvernement pour reprendre Tertus Zongo qui a occupé aussi cette fonction.
2) Cette nomination du journaliste Jean-Emmanuel Ouédraogo, est probablement le choix de la raison et du pragmatisme. L’homme qu’il faut à la place qu’il faut du moment ! Contrairement aux anciens présidents qui partaient chercher l’oiseau rare à l’extérieur du pays, c’est-à-dire des premiers ministres off shore, IB a préféré un homme de confiance qui maitrise parfaitement le narratif du MPSR2 et qui doit tout au régime ! C’est autant de gages d’un bon travail en perspective ! Le nouveau chef du gouvernement est connu pour sa pondération, son intelligence et surtout son engagement sans faille ! Au Burkina, en guerre totale contre le terrorisme, la communication devient une arme de destruction massive et nul ne doute qu’IB tient là un gros calibre ! Le capitaine président IB va dessiner et Jean-Emmanuel Ouédraogo va colorier, car un premier ministre est chargé de la coordination de l’action gouvernementale que lui indique le chef de l’Etat.
Jean-Emmanuel après ces 2 années le pied à l’étrier gouvernemental semble avoir le physique de l’emploi. Cela sera-t-il suffisant dans un environnement où l’économie et la diplomatie paraissent plus que jamais le maillon faible du Burkina Faso ?
Rien que confraternellement et pour le pays, nous ne pouvons que lui souhaiter la Bonne Fortune, au sens Chance ! Que Dieu et les mannes des ancêtres l’accompagnent !
Zowenmanogo Dieudonné ZOUNGRANA


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