Rwanda-Côte d’Ivoire-Burkina Faso : Sale temps pour les  blogueurs et influenceurs ?

Rwanda-Côte d’Ivoire-Burkina Faso : Sale temps pour les  blogueurs et influenceurs ?

Ils sont célèbres, très connus, enflamment la toile, souvent avec des infos avérées, quelquefois avec du bidonnage, pour booster leur profil, les blogueurs et influenceurs confrères putatifs des journalistes traditionnels sont omniprésents dans tous les pays, sauf dans certaines dictatures fermées, et même là…

Ces derniers temps, avec les regains de troubles socio-politiques où militaires, ou même l’activisme outrancé de certains d’entre eux ont incité des gouvernements à serrer la visse.

– En Côte d’ivoire d’abord, deux projets de loi sur la table du parlement vont désormais légiférer dans ce domaine ondoyant et divers. Ces projets de loi visent à toiletter le cadre juridique de la presse et de la Communication audiovisuelle. Si les députés donnent quitus à ces 2 lois, les écrits sur Internet et leurs auteurs seront désormais régentés par la Haute autorité de la communication audiovisuelle, comme traditionnellement le sont les journalistes. Ce qui signifie qu’activistes, facebookeurs, youtubeurs seront traités comme les journalistes en cas de dérive par rapport à l’éthique et la déontologie.

– Quant au Rwanda, le récent rapport de Human Rights Watch, (HRW) fait état de plus d’une dizaine de journalistes ou simples blogueurs qui sont derrière les barreaux. Mais surtout, Internet et les réseaux sociaux sont désormais visés par les lois gouvernementales. Dernier exemple en date, la youtubeuse Yvonne Idammange (19 000 abonnés), condamnée à 15 ans de prison pour avoir critiqué le gouvernement rwandais. Il est vrai qu’elle a affirmé que le président Kagamé serait mort et appelé à la sédition mais 15 ans, c’est beaucoup.

Pour Human Rights Watch, une telle peine n’a rien à voir avec le supposé délit commis. Idem pour son confrère blogueur, Dieudonné Nyonsega (alias Cyuma Hassan), condamné à 7 ans de prison pour avoir ignoré les règles de confinement, et utilisé une fausse carte de presse.

– Au Burkina Faso, déjà sous le régime déchu de Roch Kaboré, surtout au mois de novembre lorsque les effluves  de fin de règne se faisaient sentir, il y a eu par 2 fois une coupure de l’Internet mobile le 22 novembre, à la veille d’une marche pour demander le départ de Roch, et le 23 janvier, la veille du coup d’Etat du lieutenant-colonel Damiba. Tous les Internautes vous diront que le régime du MPP avait une phobie des réseaux sociaux, malheureusement difficiles à contrôler (Lire page 9). Ce 15 mars 2022, le nouveau ministre de la Sécurité de la Transition le colonel-major Omer Bationo, a diffusé un communiqué mettant en garde ceux qui distillent de fausses informations «à caractère subversif, portant atteinte à l’ordre public, à la cohésion sociale et au moral des troupes».

Ce n’est pas dit explicitement mais les principaux visés, sont ceux qui hantent les réseaux sociaux, distillent des infos sensationnelles ou provocatrices, ou en quête d’une once d’héroïsme.

Les réseaux sociaux sont donc de plus en plus dans la lorgnette de bien de régimes. Et s’il faut déplorer une forme d’atteinte à la liberté de la presse, il faut reconnaître que tôt ou tard, il faudra trouver une police à ce qui est considéré aussi comme une poubelle de l’info, ou n’importe qui vient déféquer, ses niaiseries, ses insultes, ses provocations impunément, et n’a pas de compte à rendre à personne, alors qu’il fait du tort à des citoyens, et à l’Etat. Non à la prédation de la liberté d’expression, mais oui pour une moralisation des réseaux sociaux.

La REDACTION

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