Sanctions contre le procureur de la Cour d’Appel et le patron de la gendarmerie en Guinée : Les dissensions de la gouvernance étalées au grand jour

Sanctions contre le procureur de la Cour d’Appel et le patron de la gendarmerie en Guinée : Les dissensions de la gouvernance étalées au grand jour

Ce n’est pas une première que le pouvoir militaire en Guinée, sanctionne des personnalités issues du pouvoir déchu, pour raison de nettoyage d’écuries nauséabondes, mais aussi le couperet tombe souvent sur la tête de gens puissants du sérail du CNRD.

Il y a eu le cas le 31 décembre 2021 de Fatoumata Yari Soumah l’ex-garde des Sceaux, ministre de la Justice passée à la trappe pour ne pas avoir déféré à une réunion du secrétaire général de la présidence le colonel Amara Camara.

Ce 29 mars 2022, c’est le procureur de la Cour d’appel, Alphonse Charles Wright et le Haut commandant de la gendarmerie Balla Samoura qui font les frais de sanctions des hautes autorités guinéennes.

C’est l’épilogue d’une affaire qui a débuté par l’accusation du haut magistrat à l’encontre du pandore gradé, lequel est accusé d’avoir arrêté et séquestré de façon arbitraire des personnalités proches de l’ex-président Alpha Condé, tels l’ancien chef de la diplomatie Khalil Kaba. Selon le procureur de la Cour d’appel, le gendarme a outrepassé ses prérogatives, même étant un Officier de police judiciaire (OPJ). Il a relayé ses accusations sur une chaîne de radio, donnant à l’affaire une dimension enflée.

Il n’en fallait pas plus pour que le ministre de la Justice tape du poing sur la table pour suspendre les 2 bagarreurs, c’est donc une sanction qui vient directement de la junte au pouvoir, puisqu’après le ministre de la Justice, son homologue délégué à la présidence, chargé de la Défense, Sidiki Camara a annoncé les sanctions sur le RTG, la télévision publique.

Ces micmacs entre collaborateurs de l’Etat sont symptomatiques de la difficulté liée à la gouvernance en Guinée. Si en apparence, toute l’armature est bien là, les prérogatives et leurs limites, à savoir qui peut et doit faire quoi sont souvent floues et tout part et revient aux militaires, pour ne pas dire au lieutenant-colonel Mamady Doumbouya.

Confrontée aux menaces de sanctions de la CEDEAO, qui a intimé l’ordre de fournir un calendrier clair de la Transition d’ici le 25 avril prochain, la junte n’en a cure et a répondu à la CEDEAO, que seules lui importent les préoccupations du peuple guinéen. Mais si peut-être avec la CEDEAO, la Transition guinéenne peut jouer au chat et à la souris, les réalités politiques et sociales sur le terrain elles, ne laissent aucune parade.

Avec un dialogue polémiqué, car estimé non consensuel, un CNT dans le même cas, car cornaqué par un homme contesté car ayant soutenu le 3e mandat de Condé, et des partis politiques, animateurs de la vie nationale qu’on tente d’ostraciser, la Transition guinéenne a plusieurs fronts.

Elle a beau avoir les armes, et bénéficier de la sympathie de compatriotes d’avoir mis fin au 3e mandat indu de Condé, les Guinéens aspirent à un bien-être à une Guinée réconciliée avec elle-même où Sousou, Malinkés et Peuls se sentent des citoyens à part entière avec les mêmes droits et devoirs, et vivant en symbiose. Le quotidien des habitants est aussi problématique à double détente pour les tombeurs de Condé. Alors, mieux vaut apprendre vite et bien dans la gouvernance, et ne pas s’enliser dans des querelles d’égo et de préséance, qui n’apportent rien aux Guinéens ! D’où la nécessité d’un timing limpide de la Transition.

La REDACTION

COMMENTAIRES

WORDPRESS: 0
Aujourd'hui au Faso

GRATUIT
VOIR