Pour contrer l’avancée des groupes armés terroristes au Sahel, la France s’apprête à déployer dans la région des renforts. C’est l’annonce faite par le général François Lecointre, Chef d’état-major des armées françaises hier mercredi 22 janvier 2020 à la presse.
«Des moyens supplémentaires seront présentés au président de la République dans les jours qui viennent pour les opérations au Sahel». Selon lui, il s’agit de rendre «permanente l’action sur le terrain, 24 h sur 24 et 7 jours sur 7», dans la région des trois frontières (Mali, Niger et Burkina Faso) où la force «Barkhane» concentre désormais pleinement ses moyens.
Depuis la Côte d’Ivoire, 220 légionnaires en mission de courte durée ont déjà renforcé les effectifs. D’autres suivront si Emmanuel Macron valide le plan le 29 janvier en conseil de défense. Sont aussi prévus des moyens d’accompagnement «logistiques et de renseignement supplémentaires» nécessaires à cet effort tactique. Les renforts «nous font espérer qu’on va obtenir une bascule», dit le général.
Le repositionnement avait été validé par l’Elysée avant le sommet du G5 Sahel de Pau, qui l’a officialisé, le 13 janvier. La ministre des Armées Florence Parly a achevé mardi 21 janvier une tournée de trois jours auprès des «partenaires» africains pour en décliner la mise en œuvre. L’effort vise l’organisation Etat islamique au grand Sahara (EIGS), désignée comme l’ennemi principal.
Les éléments de la force conjointe du G5 se concentreront eux aussi dans la zone des trois frontières. Ils couvraient jusqu’alors une bande de 50 kilomètres de part et d’autre des limites des Etats sahéliens, de la Mauritanie au Tchad. Le général Lecointre confirme la venue d’un bataillon tchadien. Mais il appelle les Européens à équiper d’urgence ces unités africaines, notamment les deux bataillons maliens.
La force «Takuba», des unités spéciales européennes et françaises complémentaires, se joindra pour «accompagner les Maliens au combat». Sa première capacité militaire sera déclarée «à partir de l’été», pour «être pleinement opérationnelle à partir de l’automne». Paris espère 500 militaires mais, remarque le chef français : «Là où j’attends l’Europe, je la trouve un peu longue à se mettre en branle. Cela fait maintenant sept mois que j’ai écrit, avec le général commandant la mission européenne au Mali et le chef américain d’Africom, une lettre demandant à l’UE qu’elle fasse un travail plus complet d’accompagnement des armées, et pas seulement leur entraînement. On perd beaucoup de temps».


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