Séjour de Blaise et conclave des anciens présidents avec Damiba : La réconciliation nationale  au pas de charge !

Séjour de Blaise et conclave des anciens présidents avec Damiba : La réconciliation nationale  au pas de charge !

En principe, c’est finalement aujourd’hui 7 juillet dans l’après-midi peut-être même dans la soirée que Blaise Compaoré refoulera le sol burkinabè, depuis qu’il l’a quitté il y a 8 ans.

Information confirmée au bord de la lagune Ebrié « qui a pris toutes les dispositions pour que Blaise puisse participer au processus de réconciliation» selon le porte- parole du gouvernement Adama Coulibaly. Et aussi sur les rives du Kadiogo au Burkina. Dès le lendemain 8 juillet, séance de travail à 10 heures avec tous les «ex»,  il sera en compagnie des 4 autres anciens chefs d’Etat à Kosyam avec le maître des lieux Paul-Henri Sandaogo Damiba. Au menu : la réconciliation nationale, l’insécurité, la question judiciaire de Blaise Compaoré condamné à perpétuité dans l’affaire Thomas Sankara. Cette réunion n’est qu’une mise en bouche, en attendant les choses sérieuses, c’est-à-dire l’entrée dans le vif de tous ces sujets nationaux sensibles, une autre fois.

Il faut dire que pour ce bref séjour, les présidents Alassane Ouattara et Faure Gnassingbé ont pesé de tout leur poids pour sa concrétisation. Mais sans doute Damiba aussi.  Et puis il y a le fait aussi que Blaise veut revenir dans son pays. Il n’y a pas d’exil doré et 8 ans c’est une éternité, surtout quand on a dirigé son pays pendant 27 ans, et qu’on a quitté le pouvoir poussé par la rue !

On imagine la scène d’aujourd’hui , sans y être : Blaise-Roch-Kafando, JBO Zida et Damiba parlant des problèmes du pays, mais qu’y a-t-il réellement dans le cortex de chacun? L’atmosphère sera très lourde à trancher au coupe-coupe. Aucun n’a le problème de l’autre. Il appartiendra à Damiba d’exercer cette épreuve de communication pour que la réunion soit animée. Les moins angoissés sont JBO et «Mba» Michel, lesquels peuvent et doivent briser une glace qui existera forcément entre Blaise, Zida, Roch et Damiba. L’un est devenu un paisible propriétaire de la clinique Notre-Dame de la paix et n’a affaire qu’à ses bistouris, l’autre depuis qu’il a transmis le pouvoir à Roch, se fait discret entre son village et ses petites occupations après avoir représenté l’UA au Burundi. Zida lui est en exil au Canada.

Les plus concernés par les sujets d’actualité sont Roch qui vient de sortir de prison (résidence surveillée), renversé par un putsch pour incapacité à juguler un terrorisme sur lequel a glissé son mandat dès le début (avec Cappuccino).  Néanmoins Roch est aussi serein car il ne se réproche rien.   Le second, l’actuel chef de l’Etat Damiba, lui a un devoir : celui de sécuriser le Burkina, la raison essentielle qui a justifié qu’il a renversé Roch, lequel l’avait nommé, il y a seulement 45 jours. Et ce sont les linéaments d’une réconciliation nationale au pas de charge que tente de réaliser Damiba. Une démarche qui succite moult commentaires notamment ceux qui trouvent qu’il aurait fallu réaliser un forom de réconciliation avant cette réunion des anciens dirigeants.  Pour ces derniers, l’actuel président du Faso, à force de vouloir la réconciliation à mis les charrues avant les boeufs. Pour ceux-là, la recherche du ciment du vivre-ensemble se heurte à la question judiciaire, il faut emprisonner Blaise avant… Me Farama prosper ne dit pas autre chose, hier dans une publication sur sa page. Me Sankara au nom du collectif des avocats de la famille Thomas Sankara a fait un communiqué demandant également d’arrêter Blaise à son arrivée, et au demeurant, même le gouvernement a annoncé que ce conclave n’ élude pas le cas des gens qui ont des problèmes judiciaires (une sortie inopportune du gouvernement qui ne rattrappe rien du tout).

D’autres trouvent par contre qu»’il n’y a pas un temps pour se réconcilier et qu’on a même traîné, et tant que l’inclusion est réelle, il faut y aller!   Pour la plupart, l’option de l’amnistie qui est dans les tuyaux est aussi faisable. La grâce présidentielle semblant  horripiler beaucoup de personnes.

N’empêche, que si cette quête de réconciliation nationale est voulue, et désirée et que Damiba la veut sous son magistère, rien que cette venue de l’ancien maître des horloges politiques du Burkina Faso, soulève de nombreuses questions. La réconciliation, oui, mais par où commencer ? où aller ? Doit-on enjamber la justice pour se réconcilier ?

In fine, néamoins, il faut saluer cette tentative de Damiba, ce n’est pas un coup de poker politique, mais bien une réelle bonne volonté. Reste que l’enfer en est pavé !

La REDACTION

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