Nouveau sommet extraordinaire de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et nouveau coup de pression sur la junte militaire au pouvoir au Mali. Hier dimanche 12 décembre 2021, à Abuja dans la capitale nigériane, le cénacle de l’organisation sous-régionale s’est de nouveau penché sur la situation au Mali. Au terme d’un huis-clos, les dirigeants ouest-africains réunis au Nigéria ont de nouveau exigé la tenue des élections en février prochain. Après les sanctions prises en novembre dernier, les chefs d’Etat ont de nouveau brandi la menace de sanctions supplémentaires dès janvier contre les autorités en cas de non-respect du calendrier. Dans cette optique, des sanctions additionnelles sont envisagées en janvier 2022.
Ce sommet se tient au lendemain de l’ouverture des assises nationales pour la Transition censées mener à des élections et montre que le Mano à Mano entre la CEDEAO et la junte malienne n’est pas prêt de s’arrêter. Du reste, en ignorant royalement la tentative d’apaisement du colonel Assimi Goïta, président de la Transition malienne, (dont la missive de deux pages envoyée à l’organisation visait à tempérer l’ire de la communauté n’a produit l’effet escompté), la CEDEAO entend maintenir la pression sur un pouvoir de plus en plus décrié et pris à son propre piège. Entre la dégradation constante du climat sécuritaire, contestation et musèlement de toute voix discordante,… Bamako éprouve de la peine à tracer les sillons d’une transition démocratique.
Longtemps scotché à la tenue des assises nationales présentées comme la condition sine qua non de ce chronogramme exigé par la CEDEAO, Goïta fait de plus en plus face à une contestation interne et pas des moindres. Aux figures politiques (Issa Djim Kaou, Omar Mariko) qui font les frais de leurs propos virulents à l’encontre du premier ministre Choguel Maïga, se sont greffées les diatribes du truculent imam Dicko, figure tutélaire de la contestation de juin 2020. Déçu de la conduite des affaires, ce chef d’orchestre du M5-RFP, fer de la contestation qui a entraîné le coup d’Etat contre IBK, n’est plus en odeur de sainteté avec les militaires qu’il n’hésite pas à tancer et dont il critique les errements. En tournant le dos à ce rassemblement, c’est donc un président de Transition plus que jamais sous pression (à l’interne comme à l’extérieur) qui devra manœuvrer avec tact pour s’extirper d’une situation difficile.
La rédaction


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