Mamadi Doumbouya-Julius Maada Bio et Joseph Boakai autour de la même table, ce n’est pas tous les jours qu’on voit ça, c’est que l’heure est grave, ce qui explique ce sommet express des pays de l’Union du fleuve Mano : il aura suffi que des Libériens franchissent le cours d’eau qui tient lieu de frontière pour planter un drapeau de ce pays de l’autre côté de la Guinée pour faire démarrer une colonne de pick-up remplis de soldats guinéens.
Cap sur cette frontière et c’est le président Doumbouya qui a remis le drapeau au chef d’état-major, tous deux juchés sur des véhicules militaires pour que ses frères d’armes aillent défendre l’intangibilité du territoire. Par ce conclave de Conakry, les 3 chefs d’Etat de l’Union du fleuve Mano, qui avaient à leurs côtés la cheffe de la diplomatie ivoirienne Nialé Kaba, représentante du 4e pays de l’Union, par cette réunion au sommet, les dirigeants veulent empêcher les vieux démons de la région de se réveiller car l’incident frontalier de ces derniers jours n’est que le prolongement d’un conflit de plusieurs décennies entre la Guinée-la Sierra Leone et le Liberia.
En recevant ses 2 homologues à la présidence de Guinée, Doumbouya montre aussi sa volonté d’une désescalade. Et le communiqué de ce sommet lu par le ministre des Affaires étrangères de Guinée Morissanda Kouyaté, ne dit pas autre chose, quand il évoque que c’est pour « promouvoir la paix et la sécurité, et le retour à la situation antérieure, avec des patrouilles mixtes, des échanges de renseignement ». Le retour à la caserne des militaires guinéens, l’arme au poing qui faisaient route vers la frontière est également un gage que la raison et la paix ont prévalu. En se penchant au chevet de ses frontières, l’Union du fleuve Mano tente de conjurer un contexte relativement paisible dans cette zone mais dont la solidité reste précaire. Affirmer la souveraineté de chacun, tout en préservant la sécurité frontalière par une sécurisation conjointe. Les patrouilles mixtes, le partage de renseignement à l’instant T visent à circonscrire une relative instabilité, et favoriser une intégration sous régionale que les populations appellent de leurs vœux, certaines la vivent déjà. Pour que la région meurtrie dans les années 80-90 par de multiples guerres civilo-militaires, pour que la région demeure pacifiée, quand bien même les miasmes y sont (absence de procès et justice-victimes toujours visibles au Liberia et en Sierra Leone) bref, pour la paix des cœurs, ce sommet de l’Union du Mano est à saluer. C’est de telles actions qu’on attend d’ailleurs de la CEDEAO, de l’UA et même de l’ONU, et non les sirènes et les incantations après coup. Bilan d’étape de cet arbre à palabre préventif de l’Union du fleuve Mano dans un mois.
Aujourd’hui au Faso


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