Tournant capital dans la lutte de millions de Soudanais pour la restitution du pouvoir aux civils. La «Marche du million» qui était toujours à la pointe a, à travers les comités de résistance de l’Etat, organisé hier 28 février, une nouvelle manifestation, doublée ce coup-ci d’une charte pour une transition de 2 années.
Transition civile, puisqu’elle sera tractée par un premier ministre civil, qui fera office de chef de l’Etat et chef suprême des armées, et tirera ses prérogatives de cette charte. Une Assemblée sera mise en place laquelle sera chargée de ratifier une nouvelle Constitution, suivie dans la foulée d’élections ouvertes à tous sauf aux partisans d’Omar El Béchir, et aux putschistes du 25 octobre 2020.
Belle initiative d’une jeunesse soudanaise, qui en a ras-le-bol des militaires qui perpétuent un système dont ils sont les maîtres du jeu, mais dont la faisabilité ne sera pas aisée, à commencer par le fait que les rédacteurs de cette charte ne veulent pas de négociations avec le général Al-Burhan et Cie. La Charte va jusqu’à proposer de juger les putschistes, et de revoir la copie de l’Accord de Juba !
On est à une nouvelle étape donc de l’affrontement entre Soudanais et la junte, après des mois et des mois de marches, de tueries, d’emprisonnement, de poker menteur avec l’affaire du premier ministre Hamdock…
Un nouveau duel que lancent les marcheurs aux militaires, qui n’hésitent pas à mâter et à réprimer violemment, voire mortellement. Le Soudan est toujours à la croisée des chemins, et rien n’indique absolument rien que le dénouement heureux est pour demain. La seule certitude est que les baïonnettes n’ont jamais eu le dernier mot sur le peuple debout. Il y aura de la sueur, du sang et des larmes, mais au bout d’une longue nuit pointe le jour .
La REDACTION


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