Suspension de RFI et France 24 au Mali : Divorce consommé, cœur toujours pas en paix

Suspension de RFI et France 24 au Mali : Divorce consommé, cœur toujours pas en paix

Avec l’emprisonnement à 15 ans ferme de la blogueuse Yvonne idammange et du youtubeur Dieudonné Nionsega dit Cyuma Hassane au Rwanda, et les projets de loi en Côte d’Ivoire, sur Internet, on avait cru à un assombrissement du cadre de travail des réseaux sociaux, qui sont certes des poubelles de l’histoire, mais dont il faut faire avec, quitte à légiférer, sans empiéter sur la liberté d’expression. Que nenni. Moins de 48 heures après ces évènements, c’est au Mali que carrément deux grandes voix médiatiques sont mises sous boisseau : RFI et France 24.

Motif de cette ire expulsive des autorités maliennes ? Les 2 médias français se seraient donnés à des diffusions de «fausses allégations, d’exactions commises par l’armée malienne». Tout «en rejetant catégoriquement ces fausses allégations contre les vaillantes FAMa», la Transition de Bamako a donc suspendu RFI et France 24 d’émettre sur le territoire malien jusqu’à «nouvel ordre». Néanmoins, jusqu’à hier jeudi 17 mars (la décision a été prise mercredi 16 mars dans la nuit) les émissions des deux médias continuaient.

C’est toujours l’escalade entre Bamako et Paris. Renvoi de Barkhane et Takuba, expulsion de l’ambassadeur, invectives sporadiques, le torchon brûle entre la France et le Mali, depuis l’avènement du colonel Assimi Goîta au pouvoir, et surtout depuis son dur vœu d’un quinquennat, et des sanctions de la CEDEAO qui s’en sont suivies.

On sait que RFI et France 24 dépendent du Quai d’Orsay, ce sont des outils de communication et de coopération françaises, mais qui font du bon travail. Il peut arriver qu’il y ait des dérives, des fautes professionnelles, de bonne foi, on le pense, mais un média ne peut pas être dans un pays et ramer tout le temps à contre-courant des pouvoirs en place. Soit c’est un manque de professionnalisme, soit c’est de la pire provocation. RFI et France 24, relativement au rapport publié à Nairobi et dont de nombreux médias se sont faits échos, sur les supposés exactions des FAMa, ont-ils fait plus que informer ? Ont-ils accablé la Transition malienne ?

En réalité, RFI et France 24 paient pour les relations excécrables qui existent entre la France et le Mali. Rien ne va plus entre Koulouba et l’Elysée, et on ne se cache même plus derrière des circonlocutions diplomatiques.

Le premier ministre malien Choguel Maïga est devenu en quelques mois le grand imprécateur de la France, vitupérant sur la tribune de l’ONU, et devant les microns des médias, contre une France, qui en veut au Mali. C’est vrai aussi que lorsqu’on écoute Jean-Yves Le Drian, et même Emmanuel Macron, le ton est véhément acrimonieux de part et d’autre, signe qu’il n’y a plus d’entente sur rien, et que les amarres sont rompues. RFI et France 24 sont les derniers épisodes d’un feuilleton d’une rupture entre 2 Etats, une ex-colonie et une ex-Métropole qui ont divorcé, mais qui apparemment, n’ot toujours pas le cœur en paix.

La REDACTION

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