Hier 18 octobre au Conseil de sécurité des Nations unies, on a encore entendu les mouches voler lorsque le ministre des Affaires étrangères du Mali, Abdoulaye Diop : malgré qu’il soit pondéré souvent, on a senti ce coup-ci un chef de la diplomatie malienne se lâcher, ou diatribes, accusations et charges véhémentes poindre contre la France.
Dès l’entame de la séance, c’est en effet un Abdoulaye Diop qui a volé dans les plumes de l’ONU, du Conseil de sécurité et de la France. «Espionnage», violation de l’espace aérien malien par Barkhane, collusion avec l’ennemi en l’occurrence les terroristes … rien n’a manqué à ces amabilités distillées par Abdoulaye Diop, en présence de l’ambassadeur de France au Conseil de sécurité, lequel naturellement a réagi au quart de tour pour s’inscrire en faux contre ces allégations et rejeter tout en bloc. Ceux qui ont assisté à la scène parlent d’une quasi-foire d’empoigne entre les deux personnalités, image qui n’honore évidemment pas l’ONU. Si on est au cœur d’une maison où les problèmes sont censés être réglés par la diplomatie, et on frôle d’en venir aux mains, en tout cas, on s’étripe verbalement, c’est que la diplomatie a échoué. En effet, ce qui était présenté sous un format de réunion sur le Mali à ce Conseil de sécurité, a tourné aux invectives.
Côté malien, outre le langage durci, on est revenu sur des expressions d’une France gouvernée par «une junte au service de l’obscurantisme», alors que dans le contexte actuel, le rapport onusien pointe une recrudescence des actions djihadistes, notamment celles du JNIM et de l’EIGS et une insécurité en pleine croissance. Bref, rien n’a changé fondamentalement sur le plan de la lutte contre le terrorisme selon le rapport. Idem entre le Mali et la France depuis quelques mois.
En effet, en ce qui concerne Paris et Bamako, rien d’étonnant, depuis le double putsch au Mali et ce qui s’est passé ce 18 octobre, est une sorte de 3e mi-temps de cet affrontement
verbal entre les 2 pays.
D’abord, il y a eu la 1ère mi-temps avec l’ex-Premier ministre Choguel Maïga, sur la tribune de l’ONU, il y a un an, puis la seconde, avec le Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga sur le même plateau, cette année, et enfin, voici Abdoulaye Diop, toujours à l’ONU, qui joue les prolongations sous forme de 3e mi-temps.
C’est bien de faire de la France, l’auteur des malheurs du Mali, notamment en matière de terrorisme, mais Barkhane est partie depuis juin 2022, qu’ont pu faire les FAMa avec Wagner pour montrer que la sécurité est revenue au septentrion, et au centre du Mali ? Rien. Les incantations et les accusations peuvent servir un certain temps, mais se dégonflent inéluctablement in fine, face à la réalité. Le Mali doit se le tenir pour dit.
La REDACTION


COMMENTAIRES