Tentative de coup d’Etat toujours en cours au Niger : Embrouillamini total à  Niamey !

Tentative de coup d’Etat toujours en cours au Niger : Embrouillamini total à  Niamey !

Pour quiconque connaît la résidence présidentielle à Niamey sait qu’il y a d’innombrables cheik points et des éléments de la Sécurité présidentielle qui jalonnent les dédales pour y parvenir, quiconque connaît cet itinéraire, sait qu’un coup d’Etat pour déloger le locataire ne peut venir que de l’intérieur, d’un révolutionnaire de palais. De l’extérieur difficilement opérationnel.

Hier 26 juillet 2023 aux aurores donc, le général Abdourahmane Tchiani, patron de la garde présidentielle, autrement dit, un des hommes de confiance du président élu du Niger, Mohamed Bazoum a encerclé cette bâtisse présidentielle dans le but d’opérer un putsch pour être président. Scénario huilé surtout au Niger, quand on se rappelle le putsch perpétré par l’alors commandant Salou Djibo, contre Mamadou Tandja en février 2010.

Sauf que la tentative de ce 26 juillet perdure, et commence à prendre du plomb dans l’aile. Bien que le président Bazoum soit encerclé par une partie de la garde présidentielle, le putsch n’est pas plié. Car hier jusqu’à mise sous presse de la présente édition, les mutins n’avaient pas pris le pouvoir au Niger. La radio-télé du Sahel a été momentanément fermée, et on la dit aux mains des soldats fidèles à Bazoum. L’aéroport reste sous contrôle loyaliste, on parle d’une transition qui serait cornaquée par le général de division, Salifou Mody, l’ex-chef d’état-major et limogé par Bazoum. Plus réceptif, jeune, il fait consensus. Il devrait s’exprimer hier soir sur la télé-Sahel. Rien de tout cela. Embrouillamini total à Niamey. L’ex-président Issoufou et l’ancien premier ministre, Brigi Rafini ont joué en vain aux médiateurs, mais à l’évidence, les conditions de réédition du général Abdourahmane Tchani ne seraient pas acceptables. L’UA, la CEDEAO, la France, grande alliée du Niger condamnent et la CEDEAO va dépêcher même un envoyé spécial à la personne du Béninois Patrice Talon à Niamey. On retient jusqu’à hier tard, que Bazoum n’a pas démissionné, la radio-télé est aux mains de soldats loyalistes, toute la garde présidentielle n’est pas avec le général félon, et le président du Bénin mandaté par la CEDEAO atterrit à Niamey ce jour 27 juillet. Le coup d’Etat n’est pas acquis. Bazoum demeure président du Niger.

Le général Tchiani, réputé très dur et aimé par la troupe, a bien servi au même poste sous le président Issoufou, et déjoué un putsch, le 31 mars 2021, la veille de la prestation du président Bazoum, ce qui a fait qu’il a été maintenu comme patron de la garde présidentielle.

Mais voilà, il veut depuis hier aux premières heures, être calife à la place du calife sans passer par la case élections. C’est dommage qu’on en soit là. Comment analyser cette tentative de coup d’Etat qui commence à faire flop, provoquant des rassemblements de militants du PNDS, à la place de la Concertation, aux abords de l’Assemblée nationale et même vers la présidence dispersés par des tirs en l’air des putschistes?

Le retour des prétoriens est devenu une réalité et ces soldats en mal de futures affectations (c’est l’une des raisons de cette saute d’humeur), le come-back du pouvoir kaki en Afrique signe l’échec d’une classe politique africaine.

A quelques exceptions près (Bazoum fait partie de cette exception) les civils n’ont pas su créer les conditions d’une implantation durable de la démocratie. Ils n’ont pas voulu se donner la main pour combattre l’hydre terroriste !

L’Union sacrée et patriote attendues ont fait place aux bagarres de clans, aux égoïsmes exacerbés, et souvent aux bâillonnements des oppositions, et au pouvoir solitaire. Un boulevard grand ouvert pour une nouvelle saison du pouvoir militaire.

Il faut alors se demander des élections pour quoi faire ? Faut-il voter un président qui sera à coup sûr renversé ? Est-il antimonique, anti-culturel, anti-sociétal d’envisager que des personnes élues agissent en patriote et en bon père de famille ?

Que faire pour que les présidents élus de la sous-région puissent finir leur mandat ? La réponse n’est pas simple dans ce contexte de terrorisme et de géopolitique mutante !

La REDACTION

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