Transition au Burkina : le gouvernement maintient les 36 mois

Transition au Burkina : le gouvernement maintient les 36 mois

C’est plus que clair, le Burkina Faso n’entend pas modifier le chronogramme de la Transition que s’est fixé le gouvernement après l’adoption de la Charte par les Forces vives de la nation. 3 ans ou encore 36 mois pour conduire le pays à «bon port», avec à la clé l’organisation d’élections, c’est ce que retient le gouvernement burkinabè. A la veille de la date butoir fixée par les chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qui souhaitent une réduction considérable de ce calendrier, le gouvernement burkinabè s’est prononcé par la voix de son ministre porte-parole. Selon Lionel Bilgo, même si les discussions se poursuivent entre le Burkina Faso et la CEDEAO sur la question, la priorité reste le retour de la paix au pays des hommes intègres. «Nous avons des priorités, notre priorité est arrimée à un calendrier et comme l’a si bien dit le président du Faso, si toutefois la paix revenait le plus rapidement possible, nous serons prêts à organiser des élections pour qu’un régime constitutionnel élu par les Burkinabè prenne place», a déclaré le ministre Bilgo.
A en croire le porte-parole du gouvernement de la Transition, il serait illusoire de courir derrière un délai qui ne tient aucunement compte de notre réalité et du contexte actuel. «Nous n’allons pas sacrifier nos efforts pour ramener la paix au Burkina Faso en courant derrière un calendrier intangible et dont le délai ne tient pas du tout compte des réalités du terrain. Et je pense très sincèrement que cette CEDEAO doit contextualiser son regard et prendre en compte les réalités de chaque pays et de chaque territoire», a-t-il suggéré.
Du reste, pour justifier cette position du gouvernement burkinabè, le ministre souligne qu’il est difficile de parcourir aujourd’hui 150 kilomètres à la ronde sur le territoire national d’où l’incapacité d’organiser une élection dans la paix et la quiétude. Et Lionel Bilgo d’ajouter que la priorité principale et primordiale du gouvernement de la Transition est de sécuriser le territoire national avant toute élection.
Cette sortie qui intervient à la veille de l’échéance de la CEDEAO, sonne donc comme une réponse des autorités burkinabè à l’organisation sous régionale. Que va décider la conférence des chefs d’Etat ouest africains ? Va-t-on assister à une batterie de sanctions contre le Burkina Faso comme ce fut le cas pour la Mali en janvier dernier ? Jusque-là, la CEDEAO, très critiquée par les populations qui l’accusent de ramer à contre-courant de l’histoire, a fait preuve de clémence à l’endroit des putschistes du 24 janvier 2022. Passé cette période de l’état de grâce, va-t-elle durcir le ton contre les nouveaux maîtres de Ouagadougou ? Pour l’heure, on ignore à quelle sauce sera mangé le pays des hommes intègres et en attendant le prochain sommet qui s’y penchera, la première préoccupation des millions de Burkinabè demeure, le retour de la paix.

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