C’est une page qui est en train de se tourner au sein de l’Union pour le progrès et le changement (UPC). Alors que les regards étaient rivés vers la campagne électorale pour le double scrutin du 22 novembre prochain, le parti du lion a enregistré une vague de démissions dont la plus emblématique reste celle de Nathanaël Ouédraogo. Dans une lettre adressée au président du parti et datée du 9 octobre 2020, celui qui a été directeur de campagne du candidat Zéphirin Diabré lors de la présidentielle de 2015, dit avoir pris cette décision à son corps défendant. «Après presque dix ans à l’UPC, j’ai décidé de démissionner du parti et partant de toutes les fonctions ou postes de responsabilité que j’occupe à compter de la date de réception de cette lettre. Je quitte à mon corps défendant cette maison que j’ai participé à construire, avec honnêteté et abnégation, en sacrifiant souvent ce qui m’est cher. Pour la patrie nous avons lutté durement dans la joie, dans les peines, dans la pesanteur du danger humant allègrement les gaz lacrymogènes», explique-t-il.
Jusque-là, Nathanaël Ouédraogo occupait le poste de troisième adjoint au maire de la commune de Ouagadougou. Sa démission intervient après la publication des listes de candidatures aux législatives de 22 novembre prochain, listes sur lesquelles il ne figure. Selon une source interne, lors du processus de désignation des candidats aux législatives, pour le compte de la province du Kadiogo, Issouf Nikiéma, actuel maire de Komsilga, s’était imposé face à Nathanaël Ouédraogo. Interrogé sur ces départs, au sortir des Journées parlementaires du groupe UPC, le président du parti Zéphirin Diabré a affirmé qu’il n’y a pas de crise au sein de son parti.
Pour lui, ces démissions peuvent être dues à des frustrations. «Dans le contexte de la sélection des candidats, pour les élections à la députation, il est clair que des découragements et frustrations peuvent arriver du moment que chacun espère quelque chose qu’il n’a pas eu», dit-il.
Par ailleurs, il a ajouté que les démissions ne sont pas inhérentes seulement à l’UPC mais, touche tous les partis. «D’ailleurs, je suis surpris que vous n’évoquez pas ce qui ce passe au MPP où il y a des députés, ministres qui boudent parce qu’ils n’ont pas été retenus».
Pour le Chef de file de l’Opposition, «ceux qui n’ont pas été retenus peuvent être amenés à prendre certaines positions qu’on est obligé de respecter. C’est ce qui explique certaines correspondances que vous voyez et qui vous amènent à parler de crise. Il n’y pas de crise à l’UPC. Les camarades sont désignés comme candidats à la députation parce que c’est une mission que les militants leur ont confiée. Cette mission, on peut te la confier aujourd’hui et demain confier à une autre personne».
Notons que plusieurs autres cadors et figures du parti au nombre desquels figurent le Poé Naaba, Moussa Zerbo, Rabi Yaméogo …ne sont pas candidats à cette élection.


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