2 Experts onusiens tués en RDC: Qu’apporteront les dépouilles de leurs chauffeurs ?

2 Experts onusiens tués en RDC: Qu’apporteront les dépouilles de leurs chauffeurs ?

Le 12 mars 2017, l’Américain Michael Sharp et la Suédo-chilienne Zaida Catalan, deux experts mandatés par l’ONU pour enquêter sur les atrocités commises dans le Kasaï sont portés disparus avec leurs quatre accompagnants congolais.

Deux semaines plus tard, les corps des experts sont retrouvés. Mais il faudra attendre beaucoup plus longtemps pour retrouver les restes des chauffeurs congolais. Plus d’un an précisément, puisque c’est le 7 mai 2018 qu’ils seront déclarés avoir été retrouvés. Qui les a découverts  ? Les autorités congolaises. Comme pour les experts. Qu’est-ce que cette découverte apportera-t-elle à l’enquête et à la procédure judiciaire ? De la lumière enfin pour savoir ce qui s’est vraiment passé et dont les feuilles des arbres peuvent rendre un témoignage vrai et sans fioriture ? Ou alors épaissira-t-elle le voile des interrogations qui s’étalent comme des nuages d’une sombre tempête audessus de cette affaire ? Les autorités congolaises avaient avec une rapidité déconcertante accusé les miliciens, rebelles ou terroristes (cela dépend du point de vue) du mouvement Kamuina Nsapu d’avoir été les auteurs de ces assassinats. Pourtant, les portes de la justice qui se sont ouvertes sur ce dossier ont été refermées depuis le 22 octobre et ne font pas mine de rouvrir pour que les juges disent au monde ce qui s’est passé dans cette région de la RD Congo. La tendance est de pencher vers une densification des ténèbres, ou à tout le moins, à une justice qui risque de ne pas suivre les rails de l’équité, de la vérité et qui va occire l’impunité. Un fait, qui semple peut-être fortuit, mais qui trimbale son sac de questions. Pourquoi les corps ontils été retrouvés dans une fosse commune dans le village de Moyo Musuile où les cadavres des experts onusiens avaient été découverts le 28 mars 2017 ? Comment se faitil que lors de la découverte des corps des experts, ceux des trois chauffeurs et de l’interprète n’ont-ils pas également été aperçus par les super enquêteurs de la justice congolaise  ? Pourquoi a-t-il fallu attendre un an pour finalement se rendre compte qu’il s’agit d’eux  ? En tout cas , les restes des chauffeurs des 2 suppliciés onusiens sont des «pièces à conviction» qu’ils ne sont pas mort de maladie. Et on a beau fait le tour des choses, tout revient au gouvernement congolais, qui devra tôt ou tard, tendre la torche vers la vérité, pour que la justice survienne. Car telle une idée lancinante et pernicieusement insistante, la façon dont l’affaire des experts onusiens est conduite en RDC ne se lasse pas de nourrir de sérieux doutes sur l’immaculée innocence de certaines personnes à Kinshasa quant à la mise en échec de la mission conduite par l’Américain et la Suédochilienne et d’une manière générale, sur la mort des 3 380 hommes, femmes et enfants victimes de tueries dont les auteurs courent toujours. Assurément, au-delà du doute raisonnable, il y a anguille sous le Kasaï.

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