23 milliards d’Euros annoncés à  l’Africa Forward Summit : Le prix de la refondation géopolitique France-Afrique ?

23 milliards d’Euros annoncés à  l’Africa Forward Summit : Le prix de la refondation géopolitique France-Afrique ?

 

 

Par une pichenette dont l’Histoire a souvent le secret, le sommet Africa Forward coorganisé par la France et le Kenya a débuté bien à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, pays qui ne veut plus de cette France condescendante, pleine de morgue et de suffisance, et qui selon les discours souverainistes actuels n’a ni aidé le Burkina à vaincre le terrorisme, ni à sortir de l’ornière du sous-développement. « Le renouvellement des relations entre la France et les pays africains fondées sur des partenariats mutuellement avantageux » dont se sont fendus les 2 pays coorganisateurs dans un communiqué, ce changement copernicien a commencé donc dans un pays de l’AES, il y a 9 ans, entité de nos jours qui ne demande que ce changement de paradigme !

Résumons : A Ouagadougou, Macron avait dit sur le campus de l’université Joseph Ki-Zerbo, qu’il est né après la colonisation, qu’il ne l’a pas connue, qu’il n’en est pas comptable, et que du reste pour lui, pas de politique africaine de la France. Point-barre !

A Nairobi, il s’agit de réorienter cette coopération France-Afrique vers des domaines moins politiques : plus d’affaires, d’investissements financiers, d’innovations, d’IA, d’appui aux privés, et moins de regards et de jugements sur qui est aux commandes de tel pays fut-ce -t-il de l’ex pré carré, plus aussi, cela va de soi moins de « favoritisme » pour un pays parce qu’il a des liens coloniaux avec la France. Le choix d’ailleurs du Kenya n’est pas anodin : pays anglophone où brillent l’économie numérique, l’athlétisme, la culture, pays qui compte en Afrique austral, c’est the place to be pour une France en déshérence au Sahel, et qui se cherche un point d’ancrage pour les « deals » qui rapportent de l’argent, du prestige diplomatique pour la France. Le président William Ruto n’est pas un yes men ! Et en annoncant 23 milliards d’investissement dans l’or bleu la transition énergétique et l’IA, cela semble être le prix, non pas d’un rabibochage mais d’une refondation de la géopolitique France-Afrique

Et tous ces thèmes transversaux se rejoignent par le financement et l’investissement.

A Nairobi, la France tente de tracer les linéaments d’une ex-Métropole qui ne regarde plus au Sud du Sahara, ni en Afrique central où  pourtant selon Macron « l’épicentre de la langue française se trouve dans le Bassin du Congo, plutôt qu’au bord de la Seine ». Elle esquisse un maillon d’un puzzle du nouveau partenariat franco-africain, fait de melting-pot, avec l’innovation qui est le kérosène de ce rapport à venir ! A-t-elle fait le deuil de l’ex-pré carré qu’on ne saurait rayer d’un trait de plume ? Quelle place pour l’AES dans cette alliance France-Afrique de la refondation ? Un pays comme le Mali, membre de l’AES, dont la diaspora est très importante en France, et dont un des dignes fils Bally Bakayoko vient de se faire élire maire à Seine Saint- Denis, peut-il ne pas intéresser Paris ? L’histoire même du Kenya, qui connut des convulsions politiques avec l’Angleterre, la Révolution Mao Mao, cette histoire est riche d’enseignements. Jomo Kenyatta, juste avant d’arracher l’indépendance est allé voir les colons pour leur dire de ne pas partir du Kenya, car le pays a besoin d’eux pour la co-construction. Bien en a pris le Kenya. Mandela pareil avec la République Sud-africaine. Tous deux ont été accusés de trahison par leurs frères noirs. Rétrospectivement, ils ont eu raison. Jupiter veut- il user de cette corde ?

 

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