33e sommet de l’UA : Le continent ballotté entre solidarité et intérêts nationaux

33e sommet de l’UA : Le continent ballotté entre solidarité et intérêts nationaux

Les curseurs du 33e sommet de l’UA à Addis Abèba pointent en ce cénacle des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA, vers la solidarité comme l’arme efficiente pour faire taire … les armes au Sahel et en Libye.

Ouvert hier 8 février dans la capitale éthiopienne, le sommet avait pour thème majeur, le silence des armes, choix d’une brûlante actualité.

En Libye, alors que s’ouvrait ce rassemblement des sommités continentales, le cessez-le-feu et sûrement l’embargo sur les armes, étaient royalement violés. Et ce, dès le lendemain après la réunion berlinoise, qui avait réussi le tour de force de faire venir les dirigeants européens, russe, américain, turc et surtout les 2 frères ennemis libyens, le premier ministre Fayez El Sarraj et le leader de l’Est, le maréchal Khalifa Haftar. Le gentlemen agreement obtenu dans la capitale allemande a duré certes le temps d’un feu de paille, mais avait tracé les linéaments d’une possible paix de l’ex-Jamahiriya.

En outre, le présent sommet continental se tient à une période très difficile pour le Sahel.

Au Niger, au Mali et au Burkina, les attaques meurtrières sont quasi quotidiennes, surtout au Burkina-Faso où le Nord, le Centre-Nord et l’Est sont des zones rouges.

L’UA s’en-va-en guerre donc contre la guerre en Libye et au Sahel par le silence des armes… La voix de stentor qui confinait tantôt supplique tantôt désolation de Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission de l’UA, laquelle voix invitait à une réelle solidarité et à une coalition internationale envers les frères libyens et sahéliens, est à saluer avec componction.

Exceptés le Rwanda et les pays de la CEDEAO, foi de Faki c’est un silence coupable au sein des 54 pays de l’UA, qui rêvent paradoxalement pourtant d’unité continentale, d’Union africaine, que ce soit d’un seul coup ou par cercles concentriques. Ironie du sort, c’est celui-là même qui poussait à la roue, à une Union africaine fissa, Mohamed Kadhafi, qui voit outre-tombe son pays délaissé par l’UA…

C’est bon que la situation sécuritaire catastrophique en Libye et au Sahel, réveille les Africains de leur sommeil politique !

C’est bon de sonner le cor à une solidarité agissante qu’appellent donc de leurs vœux l’Afrique voire de leurs yeux larmoyants toutes ces victimes libyennes et surtout sahéliennes, dont les morts et les déplacés s’allongent chaque jour et chaque fois que les Al-Saharoui, Iyad Ag Ghaly et autre Koufa frappent.

Mais, mais si ce 33e sommet de l’UA a décidé de recadrer la gestion de ses problèmes, en particulier celle  de sa sécurité, il est loin souvent les incantations de la cuvette de l’Africa Hall à la réalité. Et dans le cas d’espèce, cette faiblesse insigne de solidarité s’explique par l’antagonisme des intérêts des pays africains relatifs aux 2 pétaudières.

Si Russes et Turcs ont décidé de s’invitent par exemple dans la tambouille libyenne, c’est parce que les Européens ne parlent pas d’une même voix, les Américains défendent leurs intérêts et l’Afrique est spectatrice. Une Afrique qui observe mais dont certains pays n’en demeurent pas moins intéressés : cas de l’Algérie, et le regain de tropisme libyen du président Abdelmadjid Tebboune, qui caresse l’espoir de voir se tenir un sommet à Alger. Et n’allons pas chercher loin les pays dotés «de potentiels économiques et politiques» mais qui ne se bousculent pas au chevet du Sahel et de la Libye. Suivez les regards.

Mettre sous éteignoir, les intérêts bassement nationaux pour sauver de gros pans du continent, voilà ce à quoi convie ce 33e jamborée. A l’heure où Takuba, la force conjointe est en puissance, à preuve, la mise hors d’état de nuire d’une vingtaine de terroristes au Mali par Barkhane ce week-end, mais aussi du regain des tueries, à l’heure donc de la mutualisation des efforts, les 54 pays de l’UA devront jouer leur partition salutaire. Et pas seulement en paroles au détour d’une place to be, par snobisme. Au risque d’être toujours de «machin», qui regroupe 2 fois par an ce syndicat de chefs d’Etat pour énoncer des vœux pieux, il faudra agir sur le terrain.

Hier, Moscou, Berlin et Genève demain Pretoria en mai consacré au silence des armes promis par le nouveau président de l’UA, le Sud-Africain Cyril Ramaphosa, et pourquoi pas après-demain Alger consacré à la paix en Afrique ?

Sam Chris

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