3e bombardement de Mekele malgré la demande de paix du Tigré : Jusqu’où ira Abiy-le-Nobel ?

3e bombardement de Mekele malgré la demande de paix du Tigré : Jusqu’où ira Abiy-le-Nobel ?

Il fallait vraiment être d’une naïveté benoite pour croire à un quelconque armistice, après la reprise des coups de canons, consécutifs à 5 mois de paix précaire. Plus de doute «l’offensive à grande échelle» entreprise par Addis-Abeba contre le TPLF le 24 août dernier par un bombardement de Mekele est bien la manifestation flagrante d’Ahmed Abiy de réduire à sa portion congrue les irrédentistes tigréens.

 Et le casus belli était tout trouvé côté éthiopien : la violation de son espace aérien par les Tigréens, qui convoyaient des armes à destination des rebelles du TPLF. Médiations et négociations de l’UA, l’UE, américaines n’y pourront rien, jusqu’à ce que le Tigré fasse une proposition de cessez-le-feu sans conditions, puisque le TPLF exigeait le rétablissement de l’électricité et les télécommunications avant toute discussion. Une posture qu’il a abandonnée en sollicitant cet armistice.

Mais côté éthiopien, on semble autiste à cet appel d’air, puisque comme réponse à cette proposition, Addis-Abeba a bombardé Mekele, le 3e du genre, preuve qu’Abiy-le-Nobel semble privilégier la poudre plutôt que la parole.

Hôpital, résidences à Mekele sont désormais les cibles ou les victimes collatérales de cette escalade, car si côté éthiopien, on affirme que ce sont des nids de rebelles qu’on tape, le TPLF argue que ce sont plutôt des bombardements aériens à l’aveuglette. Ici, pas de frappes chirurgicales !

Ainsi en est-il de cette salve de ce lundi 12 septembre, laquelle selon le président du gouvernement régional, Getatchew Reda a touché le campus d’Adi Haki, au Sud-Ouest de Mekele. Combien de victimes ? Combien de blessés ? Rien n’est encore précis, même si le premier responsable de l’hôpital d’Ayder parle d’un blessé pris en charge. Toujours est-il qu’en l’absence de sources fiables dans cette guerre à huis-clos, où les informations sont rares et distillées à dose médicale, on ne sait pas l’ampleur des dégâts.

Que veut in fine l’Ethiopie, qui vient donc de monter d’un cran dans cette bataille, en dépit de la main tendue de Tigré, une main que l’UE, les USA et bien d’autres puissances ont invité Addis-Abeba à saisir pour donner une chance à la paix ? L’Ethiopie estime-t-elle qu’elle tient là l’unique occasion d’écraser cette province qui résiste, malgré la tenaille Addis-Asmara dans laquelle le TPLF est pris ?

Est-ce la médiation de l’UA dans certains de ses aspects qui donne de l’urticaire aux Ethiopiens ? Y a-t-il une action non-connue qu’aurait commise le TPLF sans que la Communauté internationale ne le sache ? N’est-il pas sage pour Abiy auréolé de son Nobel, de ne pas trop cultiver cette image de va-t-en-guerre ? Jusqu’où ira Abiy-le-Nobel ? Il y a des moments où il faut savoir arrêter une guerre, surtout qu’en l’espèce elle pourrait provoquer une déflagration de la corne de l’Afrique.

 

La REDACTION

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