5 postulants pour le fauteuil d’El Mouradia :  Le 12 décembre ne sera pas la seconde indépendance de l’Algérie!

5 postulants pour le fauteuil d’El Mouradia : Le 12 décembre ne sera pas la seconde indépendance de l’Algérie!

Béija-Oran-Alger : 100 000 manifestants ont noirci les rues algéroises en ce 1er novembre 2019 pour cette 37e cuvée de vendredisation, depuis le 22 février.

Cet énième battage du macadam revêt un caractère spécial car, il coïncide avec le 65e anniversaire de la commémoration de l’indépendance de l’Algérie et la publication dans la foulée des admis pour la présidentielle du 12 décembre, sous réserve du quitus définitif du Conseil constitutionnel.

5 candidats sur les 23 admissibles ont finalement été inscrits sur la short-list de l’autorité indépendante des élections (ANIE).

Un petit inventaire du CV politique de ces 5 mousquetaires qui veulent aller à la conquête de la magistrature suprême fait ressortir que tous les candidats ont plus ou moins servi sous le système voué aux gémonies par les Algériens : on y dénombre 2 ex-premiers ministres et 2 ex-ministres, (Azzedine Mihoubi (à la culture) et Abdekader Bengrina (Tourisme). En somme pas de mouton à 5 pattes, c’est-à-dire d’une personnalité qui ne fait pas partie de la galaxie dont l’astre polaire s’est éclipsé depuis le 2 avril 2019 : Boutef !

Cette sortie-monstre le jour de la date-anniversaire de l’indépendance arrachée au prix de luttes ardues et de lourd tribu de sang par le FLN, véhiculait 3 messages clairs et tonitruants :

– Non à cette transition avec les hiérarques du régime déchu.

– Non à la présidentielle du 12 décembre 2019.

– Oui à une nouvelle indépendance de l’Algérie.

Le 1er est adressé au général Gaïd Salah qui après ses sorties verbales musclées contre tous les «pêcheurs en eau trouble», l’embastillement après un procès à la vitesse grand V à Blida des 2 généraux Mohamed Mediène alias Toufik et Athmane Tartag dit Bachir avec lesquels il a des relations exécrables, de Saïd Bouteflika frère cadet et conseiller de l’illustre pensionnaire de la station balnéaire de Zéralda, et Louisa Hanoune une leader politique, un général Gaïd, qui entend mener au forceps cet intérim par procuration à terme avec l’organisation des élections.

Or sa tête est aussi réclamée depuis le début de ce déferlement de la rue, et on peut douter que la présidentielle du 12 décembre, puisse résoudre cette volonté populaire d’un changement systémique de l’Algérie.

En effet, parmi les 5 candidats aucun n’est issu ni de la société civile, ni des contestataires.

Ce qui jette déjà un trouble sur un éventuel avènement d’un nouveau contrat social, revendication matricielle des marcheurs algériens.

Le général Gaïd pense que la présidentielle seule peut dépêtrer l’Algérie de la gadoue socio-politique (CQFD= Ce qu’il faudra démontrer), or cette perspective bute sur le peuple qui est le mandant du président élu.

Qui votera ce président le 12 décembre ? Ces milliers d’hommes et de femmes qui éructent contre la poursuite du bouteflikisme sans Bouteflika ? Et quand bien même par extraordinaire, on élisait ce président le 12 décembre prochain, ce sera avec quel pourcentage ? Aura-t-il la légitimité requise ?

A la vérité donc, la deuxième indépendance, exigée à coups de boute-selles par les Algériens, dont cela fera la 37e manifestation, ce 1er novembre, n’aura pas lieu ce 12 décembre, avec élection ou pas, car les préalables, les prérequis du peuple ont été floués sur l’autel d’une tentative de sauvegarde d’un clan qui a gouverné le pays pendant deux décennies.

Pour le moment, Gaïd Salah, tient en respect ses compatriotes par le fusil mais, il ne devra pas oublier que nulle part, les baïonnettes n’ont pu imposer durablement un dirigeant, surtout pour une Algérie qui semble réclamer sa révolution arabe sur le tard. Voilà pourquoi le 12 décembre ne sera pas une indépendance-bis !

Zowenmanogo ZOUNGRANA

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