79 civils massacrés à Seytenga : Hélas, on frôle Solhan !

79 civils massacrés à Seytenga : Hélas, on frôle Solhan !

Seytenga en langue nationale mooré pourrait signifier entre autres acceptions «vouloir en finir avec un village, un pays». Celui de Seytenga n’a jamais autant mérité son appellation depuis l’apocalypse Now de la nuit du 12 juin 2022. Les terroristes ont-ils voulu rayer de la carte du Burkina cette localité, la seule rare voie de passage des transporteurs et des forains qui venaient du Niger vers le Burkina ? L’équipée sanglante qui n’a pas encore ni délivré tous ses aspects, encore moins le nombre de victimes ressemble à ça.

Hier matin, soit 72 heures après les tueries de masse de Seytenga et  le deuil de 3 jours décrété par le chef de l’Etat, et au moment où les médias étalaient sur leur Une, ou ouvraient leur Journal télévisé (JT) ou radio avec le nombre de 50 morts civils donnés par le gouvernement, son service d’information (SIG) faisait tomber une autre comptabilité macabre : 29 victimes ont encore été découvertes dans cette localité de Seytenga, transformée en une immense nécropole où l’odeur pestilentielle de la mort, les éventuelles mines et autres pièges sentent en plein nez. Les Forces de défense et de sécurité (FDS) poursuivent leurs œuvres de fouilles bénédictines, dans ces décombres et maisons en ruines qui tiennent lieu de catacombes, à la recherche de corps ou de survivants.

Seytenga est une localité fantôme depuis 4 jours, plus de 3 000 habitants ont fui à Dori, distante de 47 kilomètres du lieu de l’attaque augmentant ainsi le nombre de Personnes déplacées internes (PDI) au Burkina Faso qui avoisine les 2 millions, et Dori devient le point de chute de ces nouveaux boats-people burkinabè qui déferlent en tricycles, ou à pieds sur Dori, des réfugiés intramuros qui doivent faire face au manque d’eau, car les installations de l’ONEA ont été sabotées, privant la ville du précieux liquide et de certains besoins primaires que tente de pallier l’Etat. Dans cet univers de Seytenga où l’enfer est devenu n’importe qui, les spéculations foisonnent, et chacun y va de ses solutions.

Les regards sont tournés évidemment vers le pouvoir militaire du lieutenant-colonel Damiba, lequel est descendu dans l’arène le 24 janvier 2022 pour circonscrire le terrorisme, face à l’incapacité du président déchu Roch de combattre les djihadistes.

Il y a une semaine de cela, la CEDEAO lors de son sommet à Accra avait déclaré concernant le Burkina, qu’il y a un léger mieux sur le plan sécuritaire, avec tout de même une dégradation du volet humanitaire, Seytenga vient fragiliser ce diagnostic, car s’il y a bien eu quelques embellies comme Bourzanga, les Burkinabè restent un peu dans l’expectative, au regard de ces tueries massives.

Etat islamique ou GSIM qu’ils viennent du Niger notamment du village de Sofokey dans la zone des 3 frontières peu importe, ces 79 victimes représentent pour beaucoup, y compris le gouvernement des victimes de représailles des terroristes.

En effet, à l’analyse, la probabilité est grande que les terroristes s’en prennent aux villageois, cas de Seytenga par exemple, lorsqu’ils constatent que de plus en plus, il y a une bonne collaboration avec les FDS. C’est une stratégie terroriste bien connue, qui vise à briser le lien populations/FDS, ces dernières parvenant difficilement à protéger les premières. Pourtant, il y a comme des frémissements de prise de dessus de ces FDS, mais hélas que des cas comme Seytenga viennent mettre en doute.

A la longue, le déplacement de vastes territoires par la fuite de ses habitants sera propice à une partition du Burkina, une perspective qu’aucun Burkinabè ne souhaite.

Officiellement, on est à 79 tués à Seytenga, susceptibles d’évolution et de ce fait, on frôle Solhan, cette autre localité martyr qui dans la nuit du 4 au 5 juillet 2021 a vu 160 de ses habitants être occis par des terroristes. Même si c’était 1 tué à Seytenga par un terroriste, c’est un mort de trop et injuste.

 C’est la guerre asymétrique, mais guerre tout de même et Seytenga fait partie de ce prix du sang que le peuple paie, et auquel on doit mettre fin. Tous les patriotes n’ont pas d’autre choix que de soutenir le régime du MPSR, avec Damiba dans cette lutte, car appeler à un changement, ça sonne bien à l’oreille de certains mais ce pourrait être un pis-aller. L’Union sacrée donc autour de la défense du Burkina, pas derrière des individus ou de régime !

La REDACTION

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