94% à hauteur d’homme pour Ouattara : Liesse populaire des militants du RHDP, descente policière chez Bédié et Cie

94% à hauteur d’homme pour Ouattara : Liesse populaire des militants du RHDP, descente policière chez Bédié et Cie

Scènes de liesse dans les rues d’Abidjan et dans certaines localités à l’intérieur du pays contrastées par une descente policière à la résidence de Cocody de Henri Konan Bédié, ont principalement marqué la journée de ce mardi 3 novembre 2020, jour de la proclamation des résultats provisoires officiels de l’élection présidentielle du 31 octobre 2020 par la Commission électorale indépendante (CEI) donnant une large victoire au président sortant Alassane Ouattara avec 94,27%.

 

Les résultats provisoires de l’élection présidentielle du 31 octobre 2020 ont été officiellement proclamés au petit matin du mardi 3 novembre 2020 par le président de la Commission électorale indépendante (CEI), Ibrahime Coulibaly-Kuibiert donnant une large victoire au président sortant Alassane Ouattara avec 94,27%.  Le taux de participation qui constituait l’enjeu principal de ce scrutin a été estimé à 53,90%. Le président sortant, Alassane Ouattara, on l’aura remarqué, démarqué des figures de proue de l’opposition qui ont préféré boycotter le scrutin, a raflé la mise dans la quasi-totalité des bureaux de vote. Il a ainsi récolté des scores staliniens par exemple dans la région du Worodougou au Nord-Ouest notamment dans le département de Kani avec 99,71% pour un taux de participation de 99,53% ainsi que dans la région du Tchologo au Nord avec 99,17% dans le département de Kong pour un taux de participation de 98,10%.

De quoi pousser les militants du RHDP à l’appel du directeur exécutif du parti, Adama Bictogo à prendre d’assaut des rues des quartiers d’Abidjan comme Koumassi, Marcory, Adjamé, Attékoubé ou encoure Abobo pour célébrer avec panache la victoire de leur candidat. Des liesses populaires constatées également à l’intérieur du pays comme à Biankouma dans la région du Tonkpi à l’Ouest de la Côte d’Ivoire. Selon un militant RHDP dans cette localité distante de 700 km d’Abidjan, «malgré la tentative de boycott, la victoire de Alassane Ouattara est la preuve que la démocratie est une réalité en Côte d’Ivoire. L’élection terminée, je souhaite que les communautés continuent de vivre ensemble dans la paix et la cohésion sociale».

KKB en mode colombe ; les Etats-Unis adoubent ADO, la France renvoie dos-à-dos pouvoir et opposition

Ces scènes de liesse des militants du RHDP ont été contrastées par une descente policière à la résidence du désormais président du Conseil national de transition (CNT) ravivant ainsi la tension entre le pouvoir et l’opposition quand on sait que dans la nuit du lundi 2 novembre, les résidences de leaders de l’opposition, Affi N’Guessan, Konan Bédié et Mabri Toikeusse ont été ciblées par des tirs d’armes et de grenades lacrymogènes. Cette descente des forces de l’ordre a curieusement coïncidé avec la tenue d’une conférence de presse programmée à ladite résidence par l’opposition qui avait annoncé la veille, la création d’un Conseil national de transition. Dans la foulée, le Garde des Sceaux, Sansan Kambilé annonce avoir saisi le procureur de la République pour des poursuites judiciaires contre ces opposants pour avoir mis en place «un organe de transition dénommé Conseil national de transition, devant se substituer aux institutions républicaines légalement établies.

Cette déclaration, ainsi que les violences perpétrées suite au boycott actif, constituent des actes d’attentat et de complot contre l’autorité de l’État et l’intégrité du territoire national», a-t-il déclaré. Dans ce tohu-bohu, le candidat Kouadio Konan Bertin dit KKB, arrivé deuxième dans ce scrutin qui divise, tente de calmer le jeu. Face à la presse dans la journée, il a félicité Alassane Ouattara pour sa réélection tout en mentionnant que «dans ce pays, j’ai des adversaires mais pas d’ennemis. Je suis respectueux de nos institutions et face à la situation qui prévaut, je souhaite que la paix et la concorde l’emportent sur les querelles d’égo». Et pour lui, la thérapie de choc est la «convocation immédiate d’une conférence de dialogue national incluant toutes les forces politiques anciennes comme nouvelles du pays».

Pour sa part, l’ambassadeur des Etats-Unis, Richard K. Bell a fait savoir dans un tweet ce mardi, que «les États-Unis respectent l’ordre constitutionnel en République de Côte d’Ivoire, que le Président Ouattara dirige encore, et exhorte tous à respecter l’ordre constitutionnel et d’éviter la violence», précisant par la même occasion n’avoir pas rencontré Henri Konan Bédié le week-end, comme cela a été relayé sur les réseaux sociaux. De quoi piquer au vif l’opposition dont les leaders principaux, Henri Konan Bédié, Pascal Affi N’Guessan, Albert Toikeusse Mabri, Assoa Adou ont vu leurs domiciles encerclés par les forces de l’ordre. Est-ce pour les assigner à résidence ou va-t-on procéder à leur arrestation suite à la saisine du parquet par le Garde des Sceaux ?  Quant à l’Elysée, on invite à la tempérance, même si c’était au lendemain du scrutin, dimanche, mais Paris suit avec attention la situation ivoirienne. Pour l’heure, des sources relèvent que le professeur Kakou Guikahué, cadre du PDCI/RDA et d’autres militants ont été embarqués par la police au domicile de Henri Konan Bédié.

Idriss TRAORE/ Envoyé

 

spécial à Abidjan

 

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