Peut-être que l’expression « Fête de l’unité » convient mieux que Fête nationale du Cameroun, car c’est le 20 mai 1972 qu’un référendum a supprimé le fédéralisme, pour faire du Cameroun un Etat unitaire. Depuis 54 ans donc, les Camerounais se souviennent de ce jour mais pas de la même façon. Car, si les urnes en 1972 ont livré le verdict du ‘’Oui’’ unissant le Cameroun oriental francophone à celui occidental anglophone, sur le papier bien sûr, dans la réalité, c’est le début d’un tangage entre 2 Cameroun dont l’un se sent floué, lésé, abandonné la partie anglophone, au profit de celui francophone détenant le pouvoir et jouissant de tous les privilèges.
Hier 20 mai 2026, comme à l’accoutumée, il y a eu le défilé militaire et civil dans les différents lieux notamment à Yaoundé, en présence du chef de l’Etat Paul Biya, certains ont parlé de moment de communion……… …………………………. C’est un jour qui réveille des réminiscences d’une césure que le temps n’a pas colmatée, loin s’en faut, surtout politiquement. A preuve, la dernière présidentielle d’il y a 7 mois, remportée évidemment par Paul Biya qui est à son 44e année de règne au palais d’Etoudi. Et comme en 1998, avec le président du SDF John Fru Ndi, un leader anglophone Issa Tchiroma Bakary a contesté les résultats, il y a eu de nombreux arrestations, des victimes, et Tchiroma est en exil en Gambie. Et le Nord-Ouest et Est demeurent le foyer incandescent d’un séparatisme toujours réprimé, mais jamais fini. Ceux qui ont même créé un pays fictif l’Ambazonie avec des groupes armés, les Ambaboys combattent le pouvoir central de Yaoundé, et cette partie du Cameroun anglophone rechigne à obéir, et ses populations se sentent comme des citoyens de seconde zone.
La venue du Pape Léon XIV le 15 avril 2026 a même occasionné une trêve des hostilités pour permettre au pontife romain de séjourner sans anicroches, après les « Ambaboys » sont de nouveau sur le sentier de la guerre, surtout face à cette présidentielle trompe-l’œil, à cet interminable immobilisme dont se sont accommodés les Camerounais, et l’absence de perspectives avec un régime fossilisé, qui ne fait jamais de cure de jouvence, ni d’ouverture…
Alors qu’est-ce qu’on commémore chaque 20 mai au Cameroun ? L’unité du pays ? Mais quelle unité ? Si un référendum est organisé maintenant, la partie anglophone larguera les amarres. Evidemment, aucun pays ne peut accepter une partition, mais politiquement et économiquement, des actions auraient pu être réalisées pour ce Nord global abandonné et ostracisé.
Et si au fond il n’y avait rien à fêter comme pour les indépendances dont il n’y a jamais eu de vrais soleils, pour reprendre notre confrère et aîné l’implacable Placca (Jean-Baptiste) ? Se souvenir chaque 20 mai mais de quoi, de cette ligne de fracture ? Le défi est ailleurs non pas dans le sécessionnisme, mais dans le vrai développement de la partie anglophone du Cameroun.
Aujourd’hui au Faso


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