Le gouvernement d’Ahmadou Al-Aminou Lo est connu depuis la signature du décret n°2026-1730 du 1er juin dernier. Les dés sont jetés au Sénégal. Sont-ils pipés ou non ? En politique, Dieu ne joue pas à ces dés, pour signifier qu’il n’y a pas de hasard en politique.
Tout est calculé, mais ce qui ressemble à du hasard est récupéré comme arme ou opportunité. Et pas besoin de demander s’il y a des membres du PASTEF ou non, même sans avoir écouter, Ousmane Sonko, à l’issue du conclave du Comité exécutif (COMEX) lequel faisait savoir, que à la nomination du Premier ministre, le PASTEF n’a pas été consulté, idem pour les tractations pour ériger l’équipe gouvernementale. « On ne peut pas faire du PASTEF sans le PASTEF », avait cinglé Sonko. Pas besoin de binocles pour constater que les ministres estampillés PASTEF ou supposés proxy n’y sont plus. Sauf 5 «réfusards» qui ont préféré rester au gouvernement et qui sont en voie d’exclusion du PASTEF. Des départs notables on peut citer Yacine Fall de la Justice, Birame Souley Diop à l’Energie, Daouda N’Gom à l’Enseignement supérieur, Alioune Sall à la Communication…
Plusieurs secrétaires d’Etat passent à la trappe. Tandis que de nouveaux visages apparaissent sur le Trombinoscope du gouvernement. A l’image de Moussa Sarr comme garde des sceaux, Boubacar Kamara hérite de l’Enseignement, Cheikhou Oumar Ba à L’Agriculture, Djireye Clotilde Coly à la Jeunesse et aux Sports.
Exit donc le PASTEF dans l’équipe ministérielle qui a décidé de bouder ce gouvernement, situation qui signe une nouvelle étape du pouvoir sénégalais, celle de la rupture au propre comme au figuré. Ce sont des affidés du président Bassirou Diomaye Faye qui étrennent les maroquins marquant une vraie césure entre lui et l’occupant du perchoir et désormais intime adversaire Ousmane Sonko. Un ressort idéologique s’est aussi cassé, car les « convergences » dont parle le président de l’Assemblée nationale et patron du PASTEF avec le chef de l’Etat sont minimes par rapport aux « désaccords profonds ». Trois ans avant la joute présidentielle de 2029, on a désormais au Sénégal une cohabitation institutionnelle bancale : un président sorti de la matrice du PASTEF avec un parlement dominé par le même PASTEFR, mais un gouvernement ou ce parti majoritaire est absent. Comment va fonctionner l’Etat ? Ces ministres qui sentent forcément le souffre devant les 130 députés du PASTEF pourront-ils faire passer leurs projets de loi ? A commencer même par leur Primus inter pares Al-Aminou, qui pourrait faire l’objet d’une motion de censure !
Et si de guerre lasse, le président Bassirou Diomaye Faye décidait en temps choisi de dissoudre l’Assemblée nationale ? Risque calculé ou hara-kiri politique ? Assurément, c’est l’instabilité institutionnelle qui se profile au Sénégal, avec un probable grippage de l’Etat, car la seule guerre que Faye et Sonko seront appelés à mener est la déstabilisation réciproque ! .
Aujourd’hui au Faso


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