Accusations de déstabilisation contre l’opposition au Bénin : Talon ne lâche rien

Accusations de déstabilisation contre l’opposition au Bénin : Talon ne lâche rien

L’annonce n’a pas eu l’effet d’une bombe, car postérieures aux évènements dont il est question. A cet effet, elle a été accueillie froidement par les Béninois et sans grand intérêt par le plus grand nombre. Hier mercredi 14 avril 2021, le ministre de l’Intérieur béninois a attribué la responsabilité des violences meurtrières à des «acteurs politiques qu’il a même accusé d’avoir planifié un vaste complot visant à déstabiliser le pouvoir». Pour le ministre, Sacca Lafia, les manifestants du 6 avril dernier avaient l’intention de chasser Patrice Talon du pouvoir et pour installer un gouvernement de transition. Le mot est lâché, il s’agit donc d’une énième tentative de déstabilisation visant le régime Talon.

Cette annonce qui intervient au lendemain de la publication des premiers résultats de la présidentielle n’a pas véritablement emballé et il fallait s’y attendre dans ce pays  jadis cité en exemple dans le domaine de la démocratie devenu un pays quelconque avec l’avènement de Patrice Talon. Après s’être tracé une voie royale vers un «triomphe sans gloire» en usant de subterfuges pour écarter ses réels adversaires, le pouvoir tente de charger ses opposants en les taxant de complotistes ou de terroristes.

Ces accusations pourraient dans les prochains jours se muer en épée de Damoclès au-dessus des têtes d’opposants qui pourraient faire les frais d’une nouvelle campagne de «neutralisation» par le biais d’arrestations arbitraires.

C’est de bonne guerre dira-t-on dans les milieux politiques. Mais lorsqu’en cinq ans un président qui avait nourri les espoirs d’alternance, opère une mutation en devenant un véritable prédateur des libertés individuelles et collectives, organise des expéditions punitives contre des adversaires et des arrestations musclées rien que pour s’offrir un bail de plus, il faut s’inquiéter. Cette sortie du ministre de l’Intérieur Sacca, s’inscrit donc dans la logique de diabolisation  des opposants qui au fond n’ont d’autres choix d’user des moyens à leur disposition pour combattre ce régime qui aura travaillé à laisser un souvenir douloureux dans les esprits de nombreux défenseurs de la démocratie. Ce qui se passe au Bénin est donc une invite à tous ceux qui ont fait du combat pour l’avènement d’une vraie démocratie à maintenir le cap et à ne jamais baisser les bras car il s’agit d’un combat de longue haleine et d’un idéal qu’il faut  défendre en permanence.

Davy Richard SEKONE

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