Acquittement de Gbagbo et Blé Goudé par la CPI : Fini la Haye, il reste le passeport pour Babi*

Acquittement de Gbagbo et Blé Goudé par la CPI : Fini la Haye, il reste le passeport pour Babi*

 «A bana !» C’est fini en dioula ! Le Woody  de Mama est définitivement acquitté par la Cour pénale internationale (CPI). Les juges de la juridiction pénale transfrontalière ont conclu que les arguments de la Procureure Fatou Bensouda ne pesaient pas le poids de l’innocence de Laurent Gbagbo et de Blé Goudé dans la mort d’au moins 3 000 Ivoiriens lors de la crise post-électorale de 2010. L’appel interjeté par la Procureure a été démonté pièce par pièce et jeté dans l’incinérateur de l’incrédulité des magistrats qui ont confirmé la décision prise en première instance et qui acquittait de toutes les charges et accusations le duo ivoirien.

Le Woody de Mama et le chef des patriotes sont désormais libres. Oui. Les juges ont pris le soin de lever toutes les entraves juridiques à leur liberté de mouvement. Il a été formellement instruit de les conduire dans le pays de leur choix.

Un camouflet pour Bensouda qui est en train de tourner les dernières pages de son mandat en tant que Procureure. Un procès perdu qui pèsera amèrement sur son curriculum vitae et qui a fini par la peindre sous les traits de l’ogre qui s’est acharné sur de pauvres petits lutins innocents.

Une fenêtre d’opportunités pour les opposants les plus indécrottables du régime du président ivoirien Alassane Dramane Ouattara. Au premier rang trône majestueusement un certain Guillaume Kigbafori Soro, qui doit regarder bien intéressé ce dernier dénouement, en caressant sa barbichette depuis son exil parisien.  Laurent Gbagbo libre peut être un allié de poids, une vague sur laquelle il pourrait surfer pour regagner les rives de l’Eburnie. Il avait déjà fait le pas il y a très longtemps, établissant une jonction afin d’une éventuelle alliance, avec comme pan important de ce trépied, Henri Konan Bédié. Les élections législatives sont passées par là et quelques briques ont été déplacées. L’échafaudage peut ne pas s’être effondré pour autant et des perspectives sont certainement nourries par l’ancien porte-parole des rebelles. 

En attendant, du côté de la Côte d’Ivoire, c’est une victoire pour le camp des Gbagboïstes qui peuvent désormais commencer à boire leur petit lait et lapider avec cailloux le jour où leur idole, maître à penser et guide foulera enfin le sol de la Côte d’Ivoire. Une occasion sans doute pour remettre de l’ordre dans la maison FPI, où l’unité et la concorde avaient entre temps pris la clé des champs. Peut-être que le retour du Woody dans le vestibule familial va remettre les pendules à l’heure et éteindre le feu fratricide. 

Mais, c’est justement la prochaine bataille de Blé Goudé et Gbagbo. La «victoire» de la Haye n’était qu’une étape vers le retour au bercail. Car au bercail s’érigent, et assez bien haut, des obstacles non moins importants que ceux de la CPI qu’ils ont pris 8 ans à déraciner. Et les obstacles sont surtout juridiques. Si la justice internationale de la CPI a acquitté le «duo», celle ivoirienne est bien plus rancunière.

Une peine de 20 ans de prison pèse sur Blé Goudé et Laurent Gbagbo. L’un pour des crimes, des violences et des viols et le second pour le braquage d’une agence de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest. Et les peines ne sont pas forcloses puisqu’elles ont moins de quatre ans d’âge depuis la date de leur prononcé. Les mandats d’arrêt sont un peu comme des piquets dressés vers le ciel, attendant leurs destinataires. Gbagbo et Blé Goudé vont-ils venir littéralement s’y embrocher ? Car il est clair qu’ils seront mis aux arrêts dès qu’ils franchiront les frontières ivoiriennes.

Mais encore faut-il que Laurent Gbagbo ait le passeport pour pouvoir franchir lesdites frontières. Eh oui ! Il est acquitté par la justice internationale. Il est libre d’aller où il veut, sauf dans son propre pays dont il n’a pas le passeport ! Et les regards sont désormais tournés vers le président Alassane Dramane Ouattara ? Va-t-il daigner lui accorder le fameux passeport ? La réconciliation est-elle juste un refrain sur ses lèvres pour faire beau ou est-ce une véritable conviction ? S’il accorde ce «droit», qui est désormais en quelque sorte une obligation pour lui, jusqu’où ira-t-il dans sa magnanimité ? Une grâce présidentielle ? Ou Laurent Gbagbo et Blé Goudé quitteront-ils une autre prison pour aussitôt en intégrer une autre, cette fois, sur les terres où ils sont nés ?

Quelles que soient les réponses à ces questions, il restera à laquelle il faudra trouver une réponse. Forcément : qui est donc le coupable de la mort des 3 000 Ivoiriens ? .

Babi* : Abidjan

 Ahmed BAMBARA

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