Acquittement de Jean-Pierre Bemba par la CPI:  Le chairman arrive, Kabila n’a qu’à bien se tenir !

Acquittement de Jean-Pierre Bemba par la CPI: Le chairman arrive, Kabila n’a qu’à bien se tenir !

 

A l’unanimité, les juges de la CPI ont pris à rebrousse-poil ce 8 juin 2018, Centrafricains et Congolais et pas seulement eux, en prononçant l’acquittement de Jean-Pierre Bemba, le patron du MLC. Un effarant verdict en appel qui décontenance, et dont l’onde de choc politico-judiciaire est immense en RCA et surtout en RD Congo tant du côté des ‘’Bembistes’’ qui s’attendaient peut-être à un élargissement, mais pas dans cette foulée, que du côté du pouvoir, qui évoque un non-évènement mais qui n’ignore pas que le probable retour de ce géant de 1,80m et de 150 kg au Congo sera tout sauf un épiphénomène ! Le fils de l’Equateur a toujours fait peur à Kabila Junior pour beaucoup de raisons.

L’intime conviction et l’absence de preuves ont-elles guidé les juges, qui passent ainsi par pertes et profits les 5 000 victimes de viols, violences sexuelles, et crimes commis en RCA par les 1 500 hommes de l’ALC, la branche armée du MLC ?

Pourquoi en 2010, la même CPI avait basé sa condamnation en première instance, sur ces mêmes preuves, en écrouant Bemba à 18 ans ? Est-ce la lettre que Bemba avait envoyé à Ange-Félix-Patassé, l’intimant de mettre fin à ces exactions, et l’enquête interne qu’il a menée au sein de l’ALC, afin de sanctionner les fautifs, qui ont constitué des circonstances atténuantes ? Pourquoi à l’époque Ange-Félix-Patassé, exilé depuis sa chute le 15 mars 2003 dans une maison de l’OUA à Lomé n’a-t-il jamais été inquiété jusqu’à son décès lui qui avait personnellement demandé en octobre 2002 aux troupes de Bemba de lui venir en aide ? Et les généraux Yangongo et Boumbayaké respectivement ministre centrafricain délégué à la défense et commandant de la garde présidentielle qui étaient sur le terrain des exactions, qu’en pense la CPI ?

Jean-Pierre Bemba, lui n’oubliera pas cette nuit du 24 mai 2008, où il fut alpagué à Bruxelles par une escouade de policiers pour le compte de la CPI. Comment peut-il faire preuve d’amnésie pour cette longue décennie passé dans le bagne de Scheveningen ? Il reste enfin convaincu que peu ou prou ce sont des raisons politiques qui l’ont conduit devant d’abord Luis Moreno Ocampo, puis Fatou Bensouda. Il garde en mémoire l’attaque meurtrière de sa résidence le 21 août 2006, dans l’entre-deux tours qu’il attribua à Kabila fils, et sa fuite erratique ou son exil, c’est selon…

D’ailleurs a-t-il jamais accepté la victoire de son rival, qui l’avait battu de 900 000 voix ? Sans être dans la tête de l’ex-vice-président de RD Congo, il se dégage un parfum de double revanche (personnelle et politique), avec ce plus que plausible retour, sitôt, la question de subornation de témoin réglée. A moins que le fils de Jeannot Bemba Saloana, veuille se consacrer désormais à ses affaires, qui ont pris un coup, pendant son emprisonnement. Improbable !

Notre conviction est que cet acquittement en appel à 6 mois d’une présidentielle historique et de tous les dangers, relève de tout sauf d’un hasard de calendrier. Autant on a le sentiment que son séjour à la CPI participait d’un plan de cette fameuse communauté internationale, disons, les puissants de la planète, question de l’éloigner de la RDC, autant on est habité par le même sentiment que ce come-back est éminemment politique. Face à l’entêtement bovin d’un Kabila qui veut rester au pouvoir par de multiples subterfuges, Bemba serait-il au milieu des Tshisékédi, Katumbi, Kamérhé, le joker de cette communauté internationale ?

Peut-être ! N’empêche, les écueils sont innombrables, notamment la reconstitution du MLC dont l’absence du chef avait dispersé les militants et surtout JP. Bemba devra réussir à créer l’introuvable unité au sein de cette opposition dont le moindre des défauts est que chacun préfère être la tête d’un rat plutôt que la queue d’un lion. On le constate donc, il y a loin, le fait de humer l’air de la liberté à l’accession au palais présidentiel de la Nation. En dix ans, le fleuve Congo s’est infesté de pachydermes aux dents longues et acérées.

Zowenmanogo ZOUNGRANA

COMMENTAIRES

WORDPRESS: 0
Aujourd'hui au Faso

GRATUIT
VOIR