Adoubement de Gon Coulibaly au RHDP : Quelles chances pour le ‘’Lion’’ de Korhogo ?

Adoubement de Gon Coulibaly au RHDP : Quelles chances pour le ‘’Lion’’ de Korhogo ?

La surprise réside peut-être dans le timing du choix du cornac du RHDP pour la présidentielle du 31 octobre, pas sur l’identité de l’impétrant. Amadou Gon Coulibaly tenait la corde depuis un certain temps et ce, malgré les conjectures, la retenue de Alassane Ouattara de na pas livrer ses intentions sur sa candidature à lui ou non … D’aucuns s’attendaient à ce que les masques tombent après le toilettage de la Constitution qui sera faite ce 17 mars, et promulguée demain 18 mars en Conseil des ministres.

A l’évidence, Ouattara, qui de plus en plus convainc qu’il a un plan, une feuille de route qu’il dévoile avec parcimonie, tantôt il accélère, tantôt il temporise, Ouattara persuade donc au fil du temps qu’il semble pour le moment rester maître du jeu. Jusqu’à quand ?

C’est donc le fidèle de toujours, l’ombre de Ouattara depuis plus de 30 ans qui a été oint par le RHDP. Depuis la création du RDR, jusqu’à l’élection de Ouattara en 2010, en passant par la gestion du parti, après le décès brutal de Djeni Kobena, le 19 octobre 1998, AGC, acronyme de Amadou Gon Coulibaly, a su avec les Henriette Diabaté, garder la maison RDR, ancêtre du RHDP, tandis que Ouattara traversait lui son désert à l’extérieur, victime de «l’ivoirité».

C’est un aparatchik qui été choisi par Ouattara, qui après le training premier ministériel  depuis le 17 janvier 2017, s’apprête à conquérir l’impérium.

Quelles chances pour ce représentant de la fratrie des Gon dont le père fut député de façon continue de 1959 à 1990 ?

Pour de nombreux analystes, très minces car l’homme serait un gros travailleur, un homme de dossiers, mais terne politiquement, pas «très proche des masses». Ils avancent le fait que AGC se montre froid, voire cassant et est surtout engoncé dans le «senoufo étroit» allusion au règlement des problèmes de son fief Korhogo dont il s’acquitte avec aisance, mais un «peu détaché des problèmes nationaux».

Il y a du vrai dans tout ça puisque cette caractéristique d’homme affable, fuyant les feux de la rampe, reviennent, mais est-ce pour autant que ce n’est pas un homme d’Etat ? Est-ce pour autant qu’il part perdant dans  cette présidentielle ?

D’abord, si en dépit des échos défavorables qui parviennent sans doute aux oreilles de Ouattara, il mise sur AGC c’est que quelque part, il se donne les moyens de faire gagner celui avec qui il a un lien quasi-filial.

Sans être dans le secret présidentiel, le RHDP a son agenda, sa stratégie pour faire gagner celui que beaucoup donnent perdant à l’avance. A commencer par voir celles de ceux qui peuvent barrer la route à AGC.

Pas besoin de chercher loin pour débusquer Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo, qui sous réserve de na pas pouvoir compétir pour cause de la modification constitutionnelle de ce 17 mars ou pour des raisons judiciaires, enverront leurs poulains qui trépignaient déjà d’impatience d’en découdre électoralement avec le camp Ouattara.

Les écuries PDCI et FPI ne manquent pas de candidats tels les Jean-Louis Billon, KKB, Amon Tanoh, Affi NGuessan … sans oublier le patron de l’UDPCI, Mabri Toikeuse. Et surtout le trublion de la politique ivoirienne de ces dernières années Guillaume Soro, s’il parvient à solder ses ennuis judiciaires.

Historiquement et mathématiquement, aucune formation politique en Côte d’Ivoire n’a jamais conquis le pouvoir suprême de façon solitaire, sans alliance. C’était soit PDCI-FPI ou PDCI-RDR…

En Côte d’ivoire, il y a ceux qu’on appelle des barons politiques indétrônables dans leurs bastions, avec qui il faudra compter au risque de mordre la poussière.

Que va faire AGC, pour se donner toutes les chances de gagner ? Car attention aussi à quelqu’un qu’on donne perdant, on n’est souvent désillusionné par la réalité. AGC est affable, mais rend les coups, ne tend pas l’autre joue. Depuis son opération du cœur dans la nuit du 11 au 12 juin 2012, il est «revenu de l’orient» (quasi-résurrection), il prend tout avec détachement, croit «aux évènements et aux circonstances, au vrai destin». Un tel homme n’est pas à sous-estimer, surtout sur le terrain politique.

Sam Chris

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