Affaire «Biens mal acquis» : «Deux fils de …» dans la tourmente judiciaire

Affaire «Biens mal acquis» : «Deux fils de …» dans la tourmente judiciaire

L’affaire des «Biens mal acquis» (BMA) a connu un nouveau rebondissement hier 10 février 2020. Teodorin Obiang, ci-devant vice-président de la Guinée Equatoriale, fils du Chef dudit Etat, n’a pas connu meilleur sort en appel. En 2017, croulant sous une litanie de chefs d’accusation (blanchiment d’abus de biens sociaux, blanchiment de détournement de fonds publics, blanchiment d’abus de confiance), il avait été condamné en première instance par la justice française à 30 millions d’amende et à trois ans de prison, le tout assorti de sursis.  Il aurait été mieux indiqué pour lui peut-être de faire profil bas et de se contenter de ce verdict.

Car en appel ce 10 février 2020, la note a été salée. Les 30 millions d’euros ont été dépouillés de leur statut de sursis et Téodorin devra désormais les verser cash. Mais il ne fera de la prison que sur son casier judiciaire, le verdict n’ayant pas été changé à ce niveau. En plus de ces sanctions, l’ensemble des biens ont été saisis, sauf un hôtel rue Foch à Paris, dont le sort devra être tranché dans un autre procès avant que la décision de la justice française ne s’applique.

Les déboires du vice-président guinéen sont presque identiques à ceux que vivent Christel Sassou Nguesso, également fils de président (celui du Congo, Denis Sassou Nguesso). Lui aussi a été mis en examen depuis deux jours par la justice française dans cette affaire de biens mal acquis grâce à l’usage de fonds publics. Dans ce dossier, il faudra sans doute attendre encore quelque temps avant que le dénouement ne soit connu. Ce, d’autant plus que la famille Nguesso ne veut pas se laisser faire. On se rappelle de la plainte de Denis Sassou Nguesso en 2016 pour «fraude au jugement». Une action subsidiaire qui met quelque peu sous éteignoir l’affaire principale, en attendant qu’elle soit décantée.

Ce sont donc deux fils de chefs d’Etat, des sortes de princes, qui apparaissaient jusque-là intouchables, qui sont plongés dans la tourmente déclenchée par trois associations, qui voulaient voir clair dans la gestion du patrimoine familial des présidents en Afrique.

Cette gestion qui parfois noyée dans le dédale des intérêts personnels et égoïstes, de la boulimie immodérée pour le luxe et le dispendieux qui parsème les palais présidentiels d’Afrique. Ces ennuis judiciaires ne vont peut-être pas empêchés les nababs et leurs rejetons de continuer à sabrer et à saborder les finances publiques de leurs pays pour leur propre plaisir. Mais, il est évident que le bling-bling affiché par leurs enfants et cette propension à la dépense sans discernement des enfants de présidents pourrait connaître un coup de frein.

Il reste à savoir, après Christel Sassou Nguesso et Teodorin Obiang, vers qui la justice française va-t-elle se retourner. Y aurait-il des clients aussi sérieux au palais du bord de mer au Gabon ? . UNE

Ahmed BAMBARA

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