Albert Pahimi, premier ministre du CMT au Tchad : Pour rendre moins ostentatoires tenues bariolées et 4 étoiles

Albert Pahimi, premier ministre du CMT au Tchad : Pour rendre moins ostentatoires tenues bariolées et 4 étoiles

Alors que le général Mahamat Idriss Deby Itno nouvel homme fort du Tchad tente de pacifier son sérail domestique en donnant la chasse aux tueurs de son président de père, puisque le leader du FACT Mahalat Mahadi Ali, est désormais wanted, alors qu’il met aussi dans l’embarras le président du Niger Mohamed Bazoum, puisqu’il lui demande ni plus, ni moins de l’aider à capturer le  chef rebelle et ses hommes, alors que le n°1 nigérien est négociateur dans le dossier tchadien, alors donc que l’heure n’est pas au dialogue, mais bien à la guerre, le CMT bombarde Albert Pahimi premier ministre de la transition ! Un civil au milieu de 93 personnes configuration de la junte, dont 14 généraux. Côté sécuritaire, il ne peut pas trouver mieux, mais quid de la gouvernance transitionnelle ?

Le CMT respecte l’alinéa introduit in extremis dans la Charte de la Transition qui stipule que le chef du gouvernement sera un civil. Un zeste d’ouverture qui prouve que le CMT n’est pas obtus que ça et si autiste aux pressants appels au dialogue tous azimuts. A moins que ce ne soit pour dérider la journée d’aujourd’hui 27 avril 2021 qui promet d’être un peu chaude avec la manifestation prévue de la société civile. On est alors tenté à brûle-pourpoint de demander ce que le sieur Albert Pahimi est allé chercher dans cette galère ?

Soit c’est un come-back, puisqu’il occupa ce poste sous Deby-père de 2016 à 2018. En outre, le nouveau chef du gouvernement connait bien les arcanes du pouvoir et de la gouvernance, puisqu’il fut dans les années 90 grand argentier du Tchad, mais ce retour à la tête d’un gouvernement n’est pas simple, même si c’est encore un Deby qui l’a nommé !

C’est un grand commis qui vient à la rescousse d’un pouvoir où ce sont des fusils qui font office de lois. En temps normal, si l’on peut parler de norme dans ce pays où durant 30 ans, la légalité, c’était Deby pour ne pas dire le fusil, dans les règles de l’art donc, c’aurait été parfait, cette nomination. Sauf qu’on est habité par la circonspection face aux marges de manœuvre du patron du rassemblement national pour la démocratie au Tchad-Le Réveil (RNDI-R), lui le civil qui devra vraisemblablement avaler couleuvre sur couleuvre pour donner l’illusion d’une transition militaro-civile.

C’est du copier-coller malien, mais en plus grossier, car dans l’ex-Soudan, le colonel Assami Goïta a mis un peu les formes, et ce n’est pas une succession filiale même si c’était bel et bien un putsch. Alors que peut faire Albert Pahimi concrètement au milieu de ce pouvoir kaki, succédané du précédant ? De fait pas grand-chose, sinon rien. Sauf de servir de  faire-valoir, même si l’intéressé s’en défend, en invoquant l’intérêt supérieur de la nation tchadienne !

Il sera la vitrine présentable du CMT, dans cette forêt de tenues militaires où les 4 ou 5 étoiles seront visibles de façon ostentatoire. Mais cette présence civile solitaire qui sera de jure une des têtes de l’Exécutif du CMT, augure peut-être également un chemin moins martial de la transition, comme le laisse croire la composition de la junte, et l’atmosphère de l’après-Deby-père.

Entre guerre contre les rebelles, murmures dans l’armée, bronca de partis politiques et de la société civile, Pahimi devra se démêler comme un beau diablotin pour rassurer, convaincre les Tchadiens, car la Communauté internationale a déjà pris fait et cause pour le CMT.

Mais le plus dur pour le premier ministre sera de faire se tenir des élections inclusives avec ou sans Deby-fils ! Voilà donc un premier ministre plus à plaindre qu’à envier car enserré dans presque une camisole de force.

La REDACTION

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