Algérie : Début d’atmosphère de fin de règne

Algérie : Début d’atmosphère de fin de règne

Alors qu’il est en train de subir peut-être son énième pontage coronarien, dans un des établissements hospitaliers huppés au bord du Lac Léma, dans la confédération helvétique, Abdelaziz Bouteflika, a encore le temps de congédier son directeur de campagne, Abelmalek Sellal, celui-là même qui fut un de ses premiers ministres, et son triple directeur de campagne aux scrutins passés.

Un Sellal qui paie cash une fuite téléphonique où il est question d’une peur-panique dans le camp présidentiel face à la bronca du peuple algérien, dont la réprobation face à ce 5e mandat monte crescendo au fil des jours.

Dans la foulée, remplacé par Abdel Ghani Zelaane, ministre des transports, qui déposa hier dans l’après-midi au pied levé, le dossier du célèbre grabataire de Zeralda. Une candidature assortie de conditions enrobées dans une triplicité de promesses institutionnelle et constitutionnelle :

– convocation d’une conférence nationale, s’il est réélu.

– L’enfant d’Oujda écourtera son mandat pour organiser une présidentielle à laquelle, il ne sera pas candidat

– la Loi fondamentale sera modifiée par référendum

Au confluent de ces vœux pieux, qui s’apparentent à un fléchissement de la ‘’nomenklatura’’ bouteflikiste, les manifestations des 21, 24 et 26 février derniers, qui telle celle de Orphée résonne au fond et tréfond d’une Algérie laissée d’être dirigée par un système qui se préoccupe plus de ses privilèges que du quotidien de l’Algérien Lamda.

L’homme que le quatuor de généraux (Mohamed Betchine, Mohamed Bedienne alias «Toufik», Liamine Zeroual et Mohamed Lamari) a installé au pouvoir en 1999, et qui en véritable maître de jeu d’échec est parvenu à un échec et mât, à l’égard de ses mandarins galonnés, en les écartant, serait-il en passe de lâcher prise ? La chaise à 3 pieds sur laquelle est installé Boutef, son clan d’Oujda, sa ville à la frontière marocaine, les confréries coraniques et les grandes familles s’est-elle brisée ?

Certes, il peut toujours compter sur son As de cœur, le général Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la défense, qu’il utilisa pour défénestrer tous les autres gradés, mais jusqu’à quel degré, la loyauté de ce fidèle sera-t-elle à toute épreuve ? «La rivière a bouffé plus qu’un cheval maigrichon» dit l’adage populaire africain, Boutef en a vu des verts et des pas mûrs mais cette fois-ci, c’est du «balaize» !

A dire vrai, il commence à régner en Algérie, une atmosphère de fin de règne, de laquelle on peut échafauder 3 scénarios :

1) si le cercle du président parvient à contenir la furia de la rue jusqu’au 18 avril et à faire prolonger le «coup d’Etat médical», pardon, à octroyer ce 5e bail à Boutef, alors ce sera une victoire totale car, le timing arrêté par Boutef, il pourrait l’appliquer, car il aura, en ce moment toutes les cartes en main.

2) malgré les promesses, manifestations tenantes de se retirer, et d’organiser des élections anticipées, les Algériens pourraient accomplir une révolution arabe sur le tard, et dire qu’ils ne veulent même plus Boutef pour 1 jour ou  1 an !

3) un printemps, duquel pourraient venir les jours du général Ahmed Saïd Galah, qui n’aura pas le choix que de jouer le Al-Sissi algérien, à moins que les populations aillent chercher, un «Toufik» de sa retraite pour régenter ce pays difficile à gouverner.

En tout cas quel que soit le cas de figure, la présidence de l’homme de 1,59m assis depuis 2013, sur une chaise roulante, le regard impavide, le règne de cet homme-là semble tirer vers son terme, rattrapé par une logique biologique, qu’il se refuse à admettre et une logique politique tout simplement, que ces compatriotes se font le plaisir de le lui rappeler depuis quelques semaines.

Sam Chris

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