Andry Rajoelina élu président à Madagascar:  Ravalomanana optera-t-il pour le box ou la boxe pour ses contestations ?

Andry Rajoelina élu président à Madagascar: Ravalomanana optera-t-il pour le box ou la boxe pour ses contestations ?

Alea jacta est ! Les dés sont jetés comme le diraient les latins. Andrey Rajoelina a été élu selon les résultats provisoires de la commission électorale avec 55,66% contre 44,34% pour Ravalomanana. Le nouvel élu le revendique et estime que sa victoire n’a pas été à la Pyrrhus, car ce n’est pas quelques milliers de voix qui le séparent de son duelliste, mais l’écart est grand. Les comptes de 2009 sont-ils pour autant soldés ? Que nenni !

En 2009,  à la proue des manifestants qui  criaient leur ras-le-bol face à la gouvernance de Marc Ravalomanana, le «ZandryKely», le «petit gars» comme on le surnomme, réussissait à se placer à la tête de Madagascar. Il se créait alors et à ce moment-là, un grand adversaire politique en la personne de celui qu’il a renversé. Cependant, cette présence au pouvoir avait quelque chose de non achevé et manquait quelque part d’une certaine légitimité. En tout cas, ses pourfendeurs n’ont pas hésité à lui jeter à la figure qu’il n’était pas élu et n’avait donc aucune légalité pour gouverner Madagascar. En somme donc, un gros imposteur qui se serait accaparé le pouvoir par le biais d’un coup d’Etat qui ne voulait pas dire son nom.

A 34 ans à l’époque, il fallait reconnaître que «TGV» n’avait pas la mesure de la boîte de vitesses de la machine politique. Jeune, inexpérimenté, il a certainement commis des bévues, donnant de l’eau au moulin de ceux qui ne le voyaient pas d’un bon œil.

Mais huit ans après, il a de quoi rabattre le clapet aux contradicteurs. En attendant que la Haute cour valide les résultats proclamés par la CENI, Andry Rajoelina vient de prouver qu’il voguait effectivement et réellement au-devant des désirs de ses concitoyens et qu’il représentait et comprenait leurs besoins. Le blanc-seing de l’élection apposé à sa présence au pouvoir, il pourra désormais déployer et mettre en œuvre les idées révolutionnaires dont il se targue. Après avoir été pour certains le président de la rue publique en 2009, le voici élu par les urnes président de la république malgache. Sa jeunesse 44 ans a joué en sa faveur comme l’avait été Ravalomanana, en 2003 face à l’amiral rouge Didier Ratsiraka, car comme le laisse entendre de nombreux analystes, les programmes des 2 qualifiés du second tour se ressemblaient comme deux frères siamois.

Cependant, il faudra d’abord faire face aux recours que compte déposer son challenger malheureux auprès de l’instance électorale suprême. Ravalomanana est convaincu comme un croyant fieffé que Rajoelina a usé de triche et de roublardise pour pouvoir remporter la partie face à lui. Certes, « TGV » est le fils d’un colonel. Ce qui sous-entendrait une sympathie naturelle de l’armée pour le jeune homme politique. De plus, Hery Rajoanarimampianina a bénéficié de son soutien en 2013, lorsque la voie à la présidentielle a été barrée à Rajoelina. Peut-être que le premier pourrait renvoyer l’ascenseur au second. Mais ce chemin de réflexion est trop labyrinthique pour conduire à  celui de la raison.

Le président déchu en 2009 devra donc trouver et montrer des preuves soldes de bourrage d’urnes ou de fraude aux pièces d’identité à exposer auprès de la Haute cour. Le cas échéant, il devrait, pour le bien de Madagascar, contre mauvaise fortune faire bon cœur et admettre sportivement sa défaite. Il en sortirait plus grand. Ayant déjà préparé ses partisans à manifester dans la rue, il appelle déjà ses derniers à battre le macadam ce samedi 29 décembre. Question : Ravalomanana optera-t-il in fine pour la boxe (rue) ou le box (tribunaux) ? . UNE

Ahmed BAMBARA

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