Annonce de l’armée soudanaise de céder le pouvoir : Promesse fourbe ou tangible jet d’éponge ?

Annonce de l’armée soudanaise de céder le pouvoir : Promesse fourbe ou tangible jet d’éponge ?

La junte militaire soudanaise est acculée. Son principal capitaine, Abdel Fattah Abdelrahman Burhan, a assuré à la télévision nationale qu’elle cèdera le pouvoir aux civils dans la semaine qui commence. Quand ? La précision n’a pas été une composante de la promesse du successeur d’Ibn Auf.

Une autre victoire donc de la rue soudanaise sur le régime militaire. Ce dernier a pourtant multiplié les actes de séduction. D’abord, la destitution et  l’incarcération de Omar El Béchir.  Ensuite, sa résidence, ou ce qui est présenté comme tel, est fouillé pour sortir la bagatelle de 93 millions d’euros. Ce n’est pas tout. Ibn Auf, qui avait pris dans un premier temps le gouvernail et qui avait réussi la prouesse de hérisser les poils des Soudanais, a été mis de côté ainsi que d’autres personnalités jugées par les manifestants comme étant le symbole des malheurs du pays.

Mais cela n’a pas suffi. Pas plus que les multiples promesses. Celle de remettre le pouvoir dans cette semaine vient donc alléger ces tentatives d’amadouer une rue acariâtre et déterminée à récupérer ce qui lui avait été chipé depuis des dizaines d’années. Et elle a raison. L’Egypte d’al-Sissi n’est pas très rassurante avec son référendum pour accorder 12 ans de règne à un homme, au grand dam d’une certaine « bienséance » démocratique.  Cependant, si l’armée n’a pris place dans les compartiments d’une promesse remplie de fourberie, il faudra que les Soudanais pensent déjà au portrait-robot de ce gouvernement civil, sa composition, sa lettre de mission et son échéance de vie. Ceci, afin de ne pas être surpris de posséder une houe sans posséder l’endroit où elle va défricher.

Dans la tête des compatriotes d’Omar El Béchir, s’ils ratent cette occasion de balayer de fond en comble leur cour, ils n’en auront pas une autre de si tôt. Sans doute que Abdel Fattah Abdelrahman Burhan et ses compères sont en train de cogiter pour trouver la bonne formule qui leur permettra de quitter les choses sans perdre trop de plumes. Mais le temps est désormais compté. Et pas forcément en leur faveur.

Ahmed BAMBARA

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