Assassinat du commandant du MOC : L’Accord d’Alger n’en finit pas d’être piétiné

Assassinat du commandant du MOC : L’Accord d’Alger n’en finit pas d’être piétiné

Le fait aurait pu ressembler à un début d’intrigue d’un film d’espionnage, si la réalité ne dépassait pas la fiction : en ce dimanche 9 septembre à Tombouctou, en effet, autour de 21 heures, le patron du Mécanisme opérationnel de coordination (MOC) le commandant Saloum Ould Mbeki, sur la base d’un coup de fil reçu sur son téléphone, est sorti pour rencontrer… la grande faucheuse sous les traits de balles assassines d’inconnus qui l’ont manifestement piégé. C’est un axe gravissime, car le MOC, un des puzzle de l’Accord d’Alger, est composé de soldats maliens de ceux du GATIA, la plateforme gouvernementale, et d’ex-rebelles autrement dit une  patrouille mixtes, stipulée par l’Accord, que les Maliens et la Communauté internationale ont crapahuté à faire signer par les différents protagonistes. Que ce soit l’œuvre du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) qui, à maintes reprises a proféré des menaces contre le MOC, ou d’une autre katiba, toujours est-il que le MOC qui a posé ses pénates à Tombouctou, rien que le mois de mai dernier, n’est pas du goût des terroristes.

La preuve par cet horrible assassinat du premier responsable ! Ce n’est pas un fait anodin, car l’acte des terroristes repose la problématique de la viabilité même de l’Accord d’Alger. Que reste-t-il de ce fameux document paraphé et signé de mauvaise grâce surtout par la CMA, et la plateforme gouvernementale ? Quasiment pas grand-chose : les attaques à tiroirs sont toujours légion dans les zones du Nord, l’installation des autorités intérimaires s’est faite au forceps à Kidal, Tombouctou et Gao et encore leurs prérogatives sont toujours bridées par les djihadistes qui ont pignon sur sable et enfin, le gouvernement central, paraît impuissant à concrétiser cet Accord, si fait, qu’on a senti l’ire  chez le très pourtant diplomatique, Jean-Yves Le Drian, le ministre français de l’Europe et des affaires étrangères, il y a deux mois, qui déplorait cette quasi inertie de Bamako et qui invitait le gouvernement à inverser la tendance. Ça  tombe bien à présent, avec ce nouveau bail d’IBK et ce gouvernement qui vient d’être nommé. Il faudra donc à ses membres en particulier ceux de la défense et de la sécurité à montrer que la lutte contre le terrorisme évolue dans le bon sens.

Tiéné Coulibaly, le ministre de la défense, et le général Salif Traoré, le premier flic du Mali doivent mouiller ‘’le gagni’’, le boubou amidonné, car s’il y a bien un chantier qu’IBK a laissé en rade c’est bien celui de la lutte contre l’insécurité. Bien qu’il ait trouvé en 2013 un Mali post-ATT et post-Sanogo, en déliquescence, les circonstances atténuantes sont désormais minces pour IBK, qui devra au cours de ce second bail à Koulouba, faire sentir que le «Mali d’abord» son slogan n’est pas une incantation électoraliste. Certes, la bataille contre la gangrène terroriste se gagnera dans un cadre large, celui du G5 par exemple, épaulé par Barkhane, mais, il appartient à chaque pays d’opérer la nécessaire dératisation.

La Burkina a son Nord et plus récemment l’Est, pris sous les coups terroristes et des bandits de grands chemins. La Mali son Nord, son Sud et son Centre. On le constate, cette tuerie du n°1 du MOC vient rappeler si besoin était que cette lutte anti-terroriste au Sahel sera longue, très longue. Mais quelle que soit la longueur de la nuit, le jour advient toujours.

Sam Chris

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