Assassinat du maire de Pensa au Burkina : Le 3e bourgmestre qui croyait malgré tout en sa commune «terrorisé»

Assassinat du maire de Pensa au Burkina : Le 3e bourgmestre qui croyait malgré tout en sa commune «terrorisé»

– Koutougou au sahel le 8 avril 2018 : le maire Hamidou Koundaba de cette commune était assassiné, après avoir effectué sa prière du soir, son «icha»

– Le 3 novembre 2019, le bourgmestre de Djibo, Oumarou Dicko tombait sous des balles assassines, après avoir été extirpé de son véhicule, sur une route.

– Ce 6 juillet 2020, le premier magistrat de la commune de Pensa Souleymane Zabré, après avoir échappé à un premier guet-apens, et malgré l’escorte de VDP, est retrouvé mort, et le premier renfort lui aussi tombe dans une piège. A l’heure où ces lignes étaient tracées, un second renfort y était et selon la tutelle, les corps puisque 6 soldats et 3 VDP ont été tués aussi, les corps donc devraient être enlevés pour l’inhumation.

Du coup l’axe Barsalgho-Pensa devient un axe à piège mortel, un axe maudit, où règne la peur, car où surgissent de nulle part des tueurs qui sèment les meurtrissures et la désolation sur les routes et les lieux de culte.

C’est sur ce chemin même de Barsalgho, le 30 mai 2020 que 10 personnes avaient été assassinées dont 5 gendarmes et 5 civils tous d’un convoi humanitaire, qui allait pour soulager les milliers de déplacés internes qui ont y posé leurs pénates.

De plus en plus de civils sont les victimes de ces terroristes ou djihadistes, c’est selon comme l’a reconnu Armand Béouindé président de l’Association des municipalités du Burkina Faso (AMBF) mais aussi et surtout des chefs d’exécutifs communaux, notamment les maires sont tués. Et souvent pas n’importe lequel.

Celui de Koutougou, malgré la prégnance du danger a toujours refusé de quitter son bled, sensibilisant sur le vivre-ensemble, et attirant l’attention des autorités sur les velléités terroristes.

Quant à Oumarou Dicko de Djibo, l’homme ne faisait pas mystère de sa volonté de «normaliser» sa commune, malgré le fait de l’insécurité, il essayait de barrer la route à ce dissolvant de la cohésion sociale qu’est le terrorisme. Il n’avait eu de cesse de sonner le tocsin, à l’endroit des autorités centrales sur le risque élevé d’une insécurisation du Sahel. Bref, il tentait de faire marcher sa commune, le travail principal d’un maire en fait.

Idem pour la dernière victime en date, Souleymane Zabré, maire de Pensa, et chef coutumier d’un village de ce département de Boussouma. L’homme était aussi une personne-ressource de la région. Dans un entretien qu’il avait accordé à notre confrère L’Observateur Paalga début mai 2020, il préconisait des actions hardies et urgentes dans sa zone, transformée subrepticement en no mans’s land.

Ces 3 maires, essayaient chacun en ce qui le concerne, de faire vivre normalement sa commune, et apparemment, quelque part,  cela ne plaît pas, la tambouille, la mort facile sont préférées à la paix, à la lutte pour améliorer son quotidien, qui étaient chevillés au corps de ces défunts maires.

Qui sont ces désormais tueurs de conseillers municipaux et de maires, représentants décentralisés de l’Etat au Burkina ?

En tout cas, si ces dernières semaines, les FDS aguerries parviennent souvent à porter des coups aux terroristes, hélas, les civils paient le prix fort, de leur vie, cette guerre asymétrique qui fait rage au Sahel.

Signe que le sommet de Nouakchott France-G5-Sahel du 30 juin a bien posé le diagnostic, et l’heure est à l’accentuation des luttes aux fronts, des fronts hélas diffus car partout et nulle part à la fois.

Sam Chris

COMMENTAIRES

WORDPRESS: 0
Aujourd'hui au Faso

GRATUIT
VOIR