Assises sur la réforme de la Justice au Sénégal : Promesse de campagne pour soigner un corps vermoulu !

Assises sur la réforme de la Justice au Sénégal : Promesse de campagne pour soigner un corps vermoulu !

Rechercher un équilibre difficile à trouver à l’image de la balance son emblème, tel est l’objectif majeur des Assises sur la réforme de la Justice ouvertes hier 28 mai 2024 au Sénégal et qui dureront 7 jours.

Promesse électorale d’un président élu et surtout de son premier ministre, BDF et Ousmane Sonko, ont été victimes d’une justice que beaucoup de Sénégalais s’accordent à dire qu’elle était stipendiée par le pouvoir de Macky Sall.

Au cours des 2 mandats du président Sall, beaucoup d’opposants, de journalistes et d’activistes ont tâté de la prison. On peut en mentionner un best of de cette longue liste. Khalifa Sall, Karim Wade, des avocats, Ousmane Sonko, Diomaye Faye. Des procès instrumentalisés, des dénis de justice, des carrières de magistrats en jeu, des prisons au bord de l’AVC carcéral, une justice très répressive pour les pauvres et à géométrie variable pour les nantis, un personnel insuffisant 548 magistrats, 450 greffiers… et surtout une impression d’une justice vermoulue qu’on croit être l’apanage des régimes d’exception alors que le Sénégal a une tradition démocratique.

C’est donc au chevet d’un grand corps social malade que les magistrats, avocats, greffiers, professeurs de droit… vont se pencher pour trouver la médication appropriée. Il s’agira d’abord de déconnecter la justice de l’Exécutif, couper le cordon entre le Conseil supérieur de la magistrature d’avec le président de la République, qui n’en sera plus le patron.

Une refonte du CSM est donc nécessaire pour matérialiser la séparation des pouvoirs. Ce qui de facto renforcera l’indépendance des juges, et permettra au CSM de gérer sereinement la carrière des magistrats !

Pour parer également aux dysfonctionnements de la justice, les Assises auront fait mouche si elles toilettent également le Conseil constitutionnel, ces grands juges dont les décisions ne sont pas toujours sages, et menacent la quiétude du pays. Tenter d’octroyer un 3e mandat à Gorgui et même des velléités pour Macky Sall en sont des exemples patents !

Pour par exemple le citoyen Lambda, il faut également revoir les articles 156 à 257 du code pénal qui permettent d’envoyer une personne à Cap Manuel ou à Rebeuss pour une peccadille  pour  «outrage à chef de l’Etat», délit aux contours flous. Durant une semaine donc, ces Assises vont tenter d’acter une promesse électorale, d’un attelage à la tête de l’Etat sénégalais qui sait que ce premier grand chantier majeur sera l’aune à laquelle, seront arrimés les autres.

Dépoussiérer la Justice en la débarrassant des scories politiques et arbitraires, mais en se l’appliquant soi-même. Déjà, 2 activistes sont en prison détenus par la sécurité d’Etat, sous le régime de Diomaye Faye-Sonko. Judiciariser ces cas ou les libérer ? La justice, c’est aussi des exemples pratiques ! En 2018, de pareils jamborées avaient déjà été organisés.

La REDACTION

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