Attaque de la prison de Nouna : le dernier pied de nez des terroristes au pouvoir

Attaque de la prison de Nouna : le dernier pied de nez des terroristes au pouvoir

Ce n’est pas encore le pire, mais les craintes ne font que se confirmer. Après plusieurs incursions, caractérisées par des enlèvements, assassinats ciblés, attaques contre des bâtiments religieux et administratifs (Couvents et Haut-commissariat), les groupes armés semblent être passés à un niveau supérieur,  disons-le à la diversification de leur abjection.

Dans la nuit du samedi 7 au dimanche 8 mai 2022, des hommes armés ont attaqué la Maison d’arrêt et de correction de Nouna, chef-lieu de la province de la Kossi, dans la Boucle du Mouhoun. Selon des sources concordantes, au cours de cet assaut d’environ deux heures (de 00 heure à 1 heure 30 minutes), mené par une colonne de terroristes, venus à véhicules et motos, contre cette prison située à la sortie de la ville de Nouna sur la route de Solenzo, plusieurs détenus ont été libérés. Selon un bilan non encore officiel, plus d’une soixantaine de prisonniers se sont faits la malle. Si on peut se réjouir qu’il n’y ait pas eu trop de pertes de vie humaine (un mort), cette attaque signifie absence d’Etat car les dépositaires de la force publique n’ont pas pu empêcher cette bravade. L’attaque a également fait d’importants dégâts matériels dont un véhicule incendié et un autre emporté.

Deux semaines après Pobé-Mengao, Gaskindé  (plus d’une dizaine de tués) dans la province du Soum et trois jours après Ouanobé dans le Sanmatenga, Sollé dans le Loroum où plusieurs soldats, VDP et civils avaient payé le prix fort, le Burkina Faso vient de subir un énième coup dur. Au lendemain de ce qui s’apparente à un pied de nez, pour les nouvelles autorités (militaires) et  pour tout le pays, des questions se bousculent dans les esprits. Comment en dépit des nombreuses alertes faisant état d’incursions répétées d’hommes armés dans les localités de Soin, Kolonkoura, Koussiri … cette estocade d’une grande envergure a pu être menée ?

Selon plusieurs informations, de forts soupçons de terrorisme pèseraient sur plusieurs prisonniers libérés lors de cette attaque. Pourquoi à la lumière de l’attaque de la brigade de Gendarmerie de Djibo, intervenue en octobre 2018 où plusieurs dizaines de présumés terroristes avaient été libérés par leurs compagnons et ce, après un combat de près de trois heures,  rien n’a été fait pour minimiser les risques autour des prisons ?

A ce rythme, il ne resterait plus qu’ils viennent attaquer la prison de Haute sécurité de Roumtenga à la périphérie de Ouagadougou où sont gardés plusieurs terroristes. Au moment où ces lignes sont tracées, on ignore l’identité et le statut des prisonniers libérés, mais nos sources sont formelles, parmi eux, pourraient figurer des membres d’une Katiba affiliée au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM). Par anticipation, pourquoi, n‘avoir pas pris le soin de les transférer vers une prison plus sécurisée ? 

L’honnêteté recommande que l’on reconnaisse à sa juste valeur, les triomphes et victoires engrangées dans la lutte contre le terrorisme, depuis le 24 janvier 2022, date du changement de régime. Des bonnes nouvelles, les Burkinabè en ont reçues depuis l’arrivée de Damiba. Des mauvaises aussi. Certes, cette guerre sera très douloureuse et meurtrière, mais des attaques comme celle de cette nuit du samedi 7 au dimanche 8 mai 2022 à Nouna, sonne comme une victoire des hommes armés non identifiés sur nos Forces de défense et de sécurité (FDS) et les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) et le peuple burkinabè. Elle touche, affecte le moral et il convient de relever la tête dans l’urgence pour faire rendre gorge à ces «hommes sans foi ni loi» qui sillonnent, écument nos villages et nos campagnes pour y semer terreur et désolation. UNE

 Davy Richard SEKONE

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