Attaque du détachement de gendarmerie d’Inata : Une vingtaine de morts et moult interrogations

Attaque du détachement de gendarmerie d’Inata : Une vingtaine de morts et moult interrogations

C’est la consternation et la désolation ce week-end pour la énième fois. Les chiffres font froid dans le dos. Sous réserve d’un bilan définitif, jamais les Forces armées nationales (FAN) n’avaient subi une telle perte dans la lutte contre le terrorisme.

Hier dimanche 14 novembre 2021, alors que les larmes provoquées par la perte des 7 policiers tués sur l’axe Dori-Essakane étaient encore chaudes, le Burkina Faso a de nouveau été frappé dans la même région. Selon des sources concordantes, cette attaque a visé le détachement de la gendarmerie basé à Inata dans la province du Soum (région du Sahel). «Ce dimanche 14 novembre 2021, vers 5 heures 30 minutes, le détachement de la gendarmerie d’Inata dans la province du Soum (région du Sahel) a fait l’objet d’une attaque terroriste. Des opérations sont en cours, les populations sont invitées à la vigilance et à coopérer pleinement avec les Forces. Un bilan sera communiqué ultérieurement», avait  indiqué l’Etat-major des Armées dans un communiqué publié au cours de la mi-journée.

L’attente de ce bilan sera longue. C’est finalement aux environs de 19 heures que le ministre de la Sécurité, Maxime Lomboza Koné, viendra donner un bref coup d’arrêt aux supputations. «Au moins 20 morts dont 19 gendarmes et un civil ont perdu la vie dans cette attaque», confie-t-il en précisant qu’il s’agit d’un bilan provisoire. Nouvelle saignée donc, dans les rangs des Forces armées nationales  en lutte contre le terrorisme depuis 2015. En attendant d’en savoir davantage sur le bilan définitif, cette attaque vient en rajouter aux ressentiments de milliers de Burkinabè sur le «malaise» qui mine la grande muette dans ses actions.

Ces pertes (civiles et militaires) qui se succèdent et s’accumulent suscitent émoi, incompréhension, colère et révolte au sein de l’opinion nationale qui éprouve du mal à s’expliquer ces revers subis par l’armée. Depuis le 15 janvier 2016, date des premiers attentats  (Café Cappuccino et du Splendid hotel) qui ont endeuillé le pays des hommes intègres, l’hémorragie n’a jamais été estompée. Des centaines de civils toutes catégories confondues (hommes, femmes et enfants)  massacrés, des militaires, gendarmes, policiers, agents des Eaux des Forêts, douaniers… tombés ; c’est le triste visage que montre le Burkina Faso face à l’hydre terroriste qui dicte sa loi.

 Les réaménagements constants opérés dans l’exécutif et au sein des Forces armées n’y apporteront pas grand-chose. Les valses des ministres de la Défense et ceux de Sécurité rythmées par celui des bérets à l’état-major général des armées et des branches de l’armée n’y feront rien. L’hydre terroriste va continuer à déployer dangereusement ses tentacules et a fini par prendre pied à travers le pays. Dans les régions du Sahel, de l’Est, du Centre-Nord, du Nord, de la Boucle du Mouhoun et récemment les Cascades, des zones entières sont sous contrôle terroriste sans qu’une riposte adéquate ne soit menée contre ces occupants. Aujourd’hui plus que jamais, le Burkina Faso est cerné de toutes parts et il est de plus en plus risqué de s’aventurer dans certaines zones au risque de se faire enlever ou au pire, se faire tuer par ces tristements célèbres Hommes armés non identifiés en dépit des incessantes promesses de montée en puissance des FDS. Dès lors, plusieurs questions surgissent : quelles sont les raisons de la débâcle de l’armée burkinabè face à ces assaillants ? Quelles sont les réelles circonstances de ces attaques meurtrières répétées ? Le détachement d’Inata disposait-il de moyens adéquats pour se défendre en cas d’attaque ?

De plus en plus et au fur et à mesure que les jours passent, des millions de Burkinabè qui au début des violences prônaient la guerre à outrance commencent à déchanter et appellent à «négocier» une trêve. Et cette attaque d’Inata dont on ignore jusque-là, le bilan réel (susceptible de grossir) vient les conforter dans leur position : celle selon laquelle l’horizon s’assombrit au fil des jours.

Davy Richard SEKONE

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