Attaque du domicile de l’opposant Yaya Dillo au Tchad:  le maréchal  «Idy» a-t-il du mal à abandonner ses habitudes ?

Attaque du domicile de l’opposant Yaya Dillo au Tchad:  le maréchal  «Idy» a-t-il du mal à abandonner ses habitudes ?

L’assaut est digne des républiques bananières et démocraties de façade de l’ère des indépendances. Et pourtant, il a lieu en 2021 dans une Afrique subsaharienne et plus précisément au Tchad. Hier dimanche 28 février 2021, le domicile de l’opposant Yaya Dillo a été la cible d’une attaque conduite par un commando identifié comme des membres de la Garde républicaine. Comme dans ces genres de situations, le bilan de l’assaut armé suscite la controverse. Alors que l’opposant fait état de cinq morts (sa mère, son fils et trois de ses parents), et dénonce une tentative d’assassinat,  le gouvernement à travers son porte-parole nie et réfute les faits.

Selon le communiqué officiel, il ne s’agit nullement d’une attaque armée d’un opposant politique, mais d’une mission de police judiciaire venue faire exécuter deux mandants d’amener devant la justice. La mission ayant essuyé des tirs n’auraient eu d’autres choix que de riposter en légitime défense explique Cherif Mahamat Zène.

Nous voilà donc, dans un jeu de ping-pong entre le régime Déby et l’un de ses anciens ministres et proche parent devenu opposant et candidat à l’élection présidentielle du 6 avril prochain. A un peu plus d’un mois de ce scrutin qui opposera le dernier maréchal africain à plusieurs autres candidats dont des ex-proches, cette attaque sonne comme une absence de sérénité dans le camp du pouvoir.

De plus en plus contesté pour sa gestion jugé cahoteuse, Idriss Déby, champion de la lutte contre le terrorisme dans une région sahélienne en manque de leadership, va à l’assaut d’un énième mandat à la tête d’un pays très éprouvé au plan économique et sécuritaire et qu’il faille sortir de l’ornière. Que reproche-t-on véritablement au candidat du Parti socialistes sans frontières pour en arriver là ? Avec le bilan, les auteurs de cet assaut, apportent de l’eau au moulin des pourfendeurs de ce régime adoubé par l’occident pour raison de géopolitique mais vomi par plusieurs Tchadiens pour ses dérives et excès.

Ce faux pas que vient d’effectuer le régime tchadien et ses sbires indique à ceux qui veulent le savoir que les palais présidentiels africains abritent majoritairement des hommes qui n’ont d’yeux que pour leur fauteuils douillés. Le maréchal Idriss Déby aussi puissant soit-il n’échappe pas à cette règle. Et il vient d’en donner la preuve.

La rédaction

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