S’il y a bien un homme malien connu, et clivant ces dernières années, c’est bien Oumar Mariko. Médecin de profession, ce fort en thème, a la voix de Stentor. Il avait affirmé sans sourciller qu’en 2012, il n’y a jamais eu de terroristes à Konna lesquels terroristes faisaient route vers Bamako.
Pourfendant tout et tous notamment la France mais aussi les autorités de la Transition, le fondateur du parti Solidarité Africaine pour la Démocratie et l’Indépendance (SADI) a un solide parcours de contestataire : président de l’Association des élèves et étudiants du Mali jadis, il était par exemple à la tête des jeunes maliens en 1991 lors de la « Révolution malienne » qui porta le coup de grâce au pouvoir de Moussa Traoré. Député et candidat malheureux à la présidentielle en 2002, 2007 et 2012, il est comme on dirait sous nos cieux de quasiment toutes les sources, souvent des actions claires, parfois séditieuses. Dr Oumar Mariko a-t- il ces derniers mois franchi une ligne rouge qui pourrait lui couter un procès ? Oui si l’on en croit d’abord la vox populi qui l’a montré au milieu de militaires et de terroristes. Puis, plus sérieusement le procureur près le Tribunal militaire de Bamako lequel a ouvert une enquête consécutive aux attaques du 25 avril, dernier contre plusieurs villes au Mali, ainsi que la demeure du ministre de la Défense, le Général Sadio Camara qui a trouvé la mort. Selon le parquet, des indices probants et concordants de la complicité de certains militaires actifs ou la retraite sont établis. Sur « leur participation à la planification, à la coordination et à l’exécution des attaques sus-indiquées avec l’implication notoire d’hommes politiques dont Oumar Mariko ». Des militaires d’actives et à la retraite ont déjà été arrêtés comme le sergent Diakaridia Sodio, l’adjudant Moussa Diané, l’adjudant-chef Mamadou Keïta et Soïba Diarra, soldat à la retraite. Le président du SADI, en exil depuis 2022, grand imprécateur du pouvoir de Transition malien, a-t- il « traficoté » avec les ennemis qui en veulent au Mali ? A-t- il été Richelieu d’actions attentatoires à la sûreté de l’Etat, notamment celle du 25 avril 2026 ? Il est vrai que sa présence au milieu de ceux qui veulent en découdre définitivement avec le pouvoir malien est tout sauf sain et sincère. Il a également bien attenté que le Dr Oumar Mariko n’a pas sa langue dans sa poche, mais a-t- il osé enjambé ce pas qui le met objectivement dans le camp des proscrits et félons de la République ? En tous cas, des premiers éléments fournis par le parquet contre cette personnalité emblématique du Djoliba, des soldats semblent avoir trempé dans ce vaste complot qui a visé le Mali. Les investigations et l’avancée de l’enquête situeront davantage l’opinion nationale et internationale sur les tenants et les aboutissants de ce samedi funeste du 25 avril 2026.
Aujourd’hui au Faso


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