Au moins 37 morts dans l’attaque d’un convoi minier à Boungou : «L’arrière» burkinabè  horrifié mais soudé

Au moins 37 morts dans l’attaque d’un convoi minier à Boungou : «L’arrière» burkinabè  horrifié mais soudé

Nouvelle sanguinolente du côté du front Est, même si face au terrorisme, il n’y a plus de front, puisque l’ennemi est ici mouvant, partout et nulle part. A l’Est, au Centre-Nord, au Nord, au Sahel…

Hier mercredi 6 novembre 2019, un convoi de la société minière SEMAFO opérant à Boungou, localité située dans la province de la Tapoa, région de l’Est a sauté sur une mine faisant plusieurs victimes. A en croire une source locale, l’incident est intervenu à une quarantaine de kilomètres de la mine sur la route de Fada aux environs de 11 heures au moment où le convoi s’ébranlait vers Fada N’Gourma.

«Jusque-là, on ignore le nombre exact des victimes. Mais c’est effroyable, très effroyable», c’est en substance ce que nous a confié dans les premiers moments une source interne à la société minière chargée d’exploiter la mine de Boungou, d’où est parti le convoi attaqué en cette mi-journée (lire communiqué du gouvernement page 7). Selon la même source, cette attaque semble avoir été planifiée. «Le véhicule de tête (type militaire) un bastion de l’escorte militaire a sauté sur un engin explosif improvisé puis s’en sont suivi des tirs nourris sur les autres véhicules du convoi». La gorge nouée, une autre source glisse ceci : «le bilan est très lourd, les mots me manquent pour m’exprimer».

Dans un communiqué rendu public en fin de soirée d’hier mercredi, la Société minière (SEMAFO) a annoncé que le convoi attaqué comptait «cinq autobus transportant des employés burkinabè, des entrepreneurs et des fournisseurs de SEMAFO. Selon la société, «les renseignements présentement disponibles font état de plusieurs morts et blessés. Nous émettrons un communiqué plus exhaustif lorsque tous les détails seront connus».

Dans la soirée, le gouverneur de la région indiquait « 37 victimes et une soixantaine de blessés et des portés disparus » (lire communiqué ci-contre) Tandis que le gouvernement dans un communiqué daté de la même soirée d’hier évoquait de nombreuses victimes et des blessés graves »

C’est la première fois qu’un convoi appartenant à une société minière essuie une attaque de cette envergure. La région de l’Est, celles du Sahel, du Nord et du Centre-Nord, sont soumises à un régime d’état d’urgence depuis janvier 2019. La situation sécuritaire s’est considérablement dégradée malgré les opérations de sécurisation menées par les Forces armées nationales (FAN). Et on assiste depuis un trimestre à une intensification des attaques terroristes visant aussi bien les civils que des éléments des Forces de défense et de sécurité (FDS).

« L’arrière » burkinabè pour emprunter un jargon de guerre, les civils touchés par les violences en guerre classique ou en somme les opinions publiques, cet « arrière » (pas seulement lui) est de plus en plus horrifié et ébranlé par ces hécatombes, mais reste soudé et confiant aux FDS. Il prie pour qu’une solution soit vite trouvée, car il n’y a même plus pratiquement d’accalmie. Car chacun sait que face à ce conflit spécial, il n’y aura pas tout de suite un « happy-end » et en l’espèce les militaires, et les décideurs politiques doivent se résoudre à envisager une longue temporalité pour circonscrire ce terrorisme, tout en prenant des décisions essentielles dans un temps très court, car dans la lutte contre le terrorisme, il n’y a pas de boutons « pause » ou « marche-arrière », seule fonctionne celui de « avancer ».

La Rédaction

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