AVC d’Ali Bongo Ondimba : Que faire de l’article 13 de  la Constitution ?

AVC d’Ali Bongo Ondimba : Que faire de l’article 13 de  la Constitution ?

La Présidence gabonaise est muette. Les proches du président évitent même de murmurer. Mais dehors, la toile et la rue s’affolent. Certains sont sentencieux, sinistres : «Ali Bongo Ondimba est mort». Les plus sobres parlent d’une grave maladie. Le gouvernement évoque les conséquences d’une «fatigue sévère». Et enfin, ceux qui se veulent plus objectifs parlent d’un accident vasculaire cardiaque (AVC) qui maintient le président en Arabie Saoudite. Et ce, depuis le 24 octobre 2018. Soit  depuis deux semaines et deux jours.

Depuis plus de 14 jours, le Gabon n’a pas un chef d’Etat valide pour diriger le pays. Ailleurs, peut-être qu’on se serait empressé de trouver une solution «républicaine». Mais au Gabon, comme cela se passe de coutume sous les tropiques, on clame à tue-tête que le «Tout-puissant président» est bien portant, qu’il n’y a pas de quoi fouetter un chat et on colmate les manettes du gouvernail du pays avec l’ouate fabriqué avec les liens du sang et des affinités. C’est ainsi donc, selon ceux qui ont la voix des dieux, que c’est le demi-frère du président alité, le gérant du cabinet du Chef de l’Etat et la présidente de la Cour constitutionnelle qui assurent les «affaires courantes» en attendant que le président se remette sur pied. L’apnée est retombée sur le Gabon depuis que le quotidien français Le Monde a enfin situé le monde sur ce secret du palais de bord de mer : Zeus a été bien victime d’un AVC, interné dans un hôpital de Ryad et a subi des soins appropriés

De sorte donc que les questions se bousculent sur le palais présidentiel gabonais et les scénarios possibles se dessinent.  Dans le meilleur des cas, Ali Bongo se remet d’aplomb dans les jours à venir. Il sort en arborant son large sourire pour dire aux Gabonais : «je ne suis pas mort. Ne m’enterrez pas si vite ! Et ceux qui l’avaient fait, allez vous faire cuire un œuf !». Dans ce cas de figure, tout rentre dans l’ordre et le Gabon va continuer son chemin dans le meilleur des mondes possibles.

Mais que se passera-t-il si la «fatigue» du président se prolongeait outre mesure ? Pendant combien de temps patientera Marie-Madeleine Mborantsuo avant de décréter la vacance du pouvoir et permettre à la présidente du sénat d’occuper le fauteuil présidentiel le temps de préparer des élections ? Un mois ? Deux mois ? Six mois ? Un an ? Cette attente, si elle devrait se prolonger, pourrait être source de nombreuses difficultés, dans la mesure où il y a un opposant, candidat malheureux (pour la CENI) à la présidentielle, qui s’estime être le président légitime du Gabon. Jean Ping, puisque c’est de lui qu’il s’agit, restera-t-il les bras croisés ? Sans rien dire ? Sans rien faire ? Les Gabonais eux-mêmes resteront-ils dans cette passivité ? A quoi faudra-t-il s’attendre si la rue commençait à gronder ? Et que dit l’article 13 de la Constitution ? Comment l’appliquer dans l’un ou l’autre des cas ? Diafoirus du droit situez-nous.

Enfin, et si Ali Bongo revenait, mais en possession de tous ses moyens ? Marie-Madeleine Mborantsuo resterait-elle campée sur l’idée qu’il n’y a pas d’empêchement d’exercice du pouvoir ? Cette situation ne serait pas souhaitable pour le Gabon.

Du reste, le mieux serait que le président gabonais sorte vite indemne de cette «fatigue épuisante» qui le maintient à Riyad. Le cas échéant, les calculs, les tactiques et les tiraillements au sommet de l’Etat et dans les coulisses de l’opposition pourraient refiler au Gabon, un mal aussi invalidante que celui qui a frappé son «capitaine».

Ahmed BAMBARA

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