Barkhane tape dans la fourmilière du Macina : Exit Hamadoun Kouffa, mais attention aux représailles d’Iyad Ag Ghali !

Barkhane tape dans la fourmilière du Macina : Exit Hamadoun Kouffa, mais attention aux représailles d’Iyad Ag Ghali !

«La mort de Hamadoun Kouffa est certifiée», ces propos de Florence Parly, la ministre française des armées vient lever tout quiproquo sur l’élimination ou non du chef de la Katiba du Macina. Contrairement à une supposée mort en 2013 à Konan sous des déluges de frappe de la même armée française, Kouffa a donc été  tué.

La force Barkhane a mis le paquet dans la nuit du 22 au 23 novembre 2018 : avions Mirage 2000, hélicoptères Tigre et Gazelle, drones Reaper, ravitailleurs C135 bref la ‘’quincaillerie’’ de feu de la France a mis la gomme pour dératiser ce sanctuaire du Macina en étêtant le Front de libération éponyme : Hamadoun Kouffa ! Kouffa de son nom d’emprunt de son village d’enfance, (il serait Cissé ou Diallo) dans le cercle de Nianfuké, s’est rendu populaire par ses prêches et ses discours enflammés contre les aristocrates, les célèbres familles maraboutiques, la France, les militaires et les voleurs de bétail. Dès les années 2000, de sa voix chantonnante et ferme en langue fulfuldé, il a conquis les cœurs de larges communautés dans les localités de Sinakoro Bella, à quelques encablures du mausolée de Sékou Amadou, Konan, Sévaré, Ganguel, Tenenkou, Diafarabé… avant de lancer ses djihads sur ces contrées, et ce jusque dans le Soum, la région septentrionale du Burkina Faso, dans les années qui ont suivi.

Chapeau bas à Barkhane qui vient d’accomplir un nettoyage sécuritaire, et le Shael ne peut que pousser un ouf de soulagement.

Et de 2 donc en l’espace de quelques semaines pour Barkhane qui après avoir mis le grapin sur un lieutenant de Kouffa, Alaye Bocari Dia sans oublier son intervention à Inata au Burkina Faso pour dérouter des assaillants lourdement armés, Barkhane signe là un grand coup contre le terrorisme sahélien.

Même s’il faut se garder de se gargariser de tout triomphalisme dans cette guerre contre ce djihadisme, sous-régional le terrorisme dans la sous-région étant comme le légendaire minotaure à plusieurs têtes.

Et dans le cas de figure si les ambitions d’Hamadoun Kouffa, de ressusciter l’Etat théocratique de Sékou Amadou (érudit du XIXe siècle) depuis Mopti jusqu’au Nord du Burkina, semblent en berne, il faut faire attention à la colère de son mentor, Iyad Ag Ghali le parrain des katibas du Sahel. De la rencontre entre les deux hommes en 2000 dans une mosquée de Markaz dans le quartier de Banankabougou à Bamako, à l’avènement en mars 2017 du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), Kouffa et le Front de Libération du Macina (FLM) sont devenus des pièces importantes dans le puzzle djihadiste du fondateur d’Ansar Eddine.

Du reste depuis 2015 les attaques de Bamako, Ouagadougou et Grand-Bassam portent la griffe des katibas agglomérées dans le GSIM. Et c’est certain que la mort de son filleul, passe mal chez Iyad Ag Ghali qui ne pensera qu’à une seule chose qui vaille à ses yeux : une revanche.

Le Burkina, le Mali et le Niger doivent donc prendre garde aux représailles qui sont une marque de GSIM, qui font que son millier d’ouailles, son corps expéditionnaire disséminé dans le Sahel, peut frapper n’importe où dans la sous-région. Qu’on se souvienne du double attentat du 2 mars 2018 à Ouagadougou contre l’ambassade de France et l’état-major des armées, qui était une réponse à la destruction le 14 février de trois campements et la mort de 23 djihadistes à Boghassa par les forces spéciales tricolores.

Tapis donc depuis sa tanière de Tinazawatène, à la frontière algérienne, le caïd des Ifoghas si absent et pourtant si présent par ses actions d’éclats, rumine peut-être sa loi du talion. Le Sahel doit être en vigilance permanent,

sonner davantage le boute-selle, car la neutralisation de Kouffa est une victoire, mais pas un Waterloo contre le terrorisme sahélien.

Sam Chris

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