Boubeye Maïga et la présidentielle au Mali Que fera ‘’M. SOLUTION’’ au Nord ?

Boubeye Maïga et la présidentielle au Mali Que fera ‘’M. SOLUTION’’ au Nord ?

I brahim Boubacar Keïta (IBK) a-t-il eu raison de nommer Boubeye Maïga comme son 5e premier ministre, avec comme objectif majeur d’organiser la présidentielle de juillet 2018 ?

A l’évidence, on peut opiner par l’affirmative avec la première sortie de ce dernier à Mopti, sortie au cours de laquelle, coup sur coup il a réaffirmé l’autorité de l’Etat et surtout la date de ce scrutin crucial qui aura lieu le 29 juillet.

D’abord, c’est un séjour qui fut tout sauf mouvementé et regrettable comme celui de Moussa Mara en mai 2014. Même si Mopti n’est pas Kidal, Boubeye Maïga lui aura eu une fortune heureuse que son devancier. Ceci posé, il faut saluer la série de mesures que cet homme affable, mais ferme, a égrené face aux élus locaux : – jalonnement de 4  000 FAMAS (soldats maliens) à Mopti pour sécuriser la région – soutien aux fonctionnaires présents malgré l’insécurité prégnante – transformation de centres d’écoles communautaires en écoles publiques – intégration des écoles coraniques dans le système d’éducation nationale – dialogue et «récupération des Maliens» qui veulent rentrer dans les rangs – traque et neutralisation des bandits armés et terroristes où qu’ils se cachent – aide d’urgence en sécurité alimentaire aux populations de Mopti – rétablissement de l’électricité à la mairie de la localité, par payement de 198 millions de FCFA. Enfin, la grande annonce est la tenue de la présidentielle en juillet 2018. C’est souvent, ce genre de mesures qu’on attend d’un chef de gouvernement, et plus généralement, d’un haut responsable politique, car au moins, on sait où on va.

Ce 11 février 2018, Boubeye Maïga a dévoilé un pan de son tableau de bord, en tant que premier ministre, car qu’on le veuille ou non, c’est surtout l’incapacité de ses quatre devanciers à juguler l’insécurité ou plutôt l’absence, d’un plan pour en circonscrire l’avancée, qui a causé leur disgrâce. Théoriquement, Boubeye Maïga a fait un sans-faute, et ce n’est pas pour rien que ces vis-à- vis les élus locaux convaincus, et touché par l’optimisme premier ministériel l’ont vite affublé de M. SOLUTION. M. Solution ?

C’est vite aller en besogne, car si relativement, à Mopti au Centre du Mali, les coups de Jarnac les terroristes mettent à mal, l’existence du pouvoir central, au Nord, comme à Kidal, Gao et Tombouctou, l’Etat malien est quasiment absent, en dépit d’itératives tentatives d’application de l’Accord d’Alger.

Des autorités intérimaires ont été installées au forceps, les militaires maliens et les forces spéciales Barkhane, malgré leur présence, parviennent difficilement à juguler, des actes terroristes, qui ensanglantent chaque semaine les dunes de sable. Alors, affirmer tout de go, que la présidentielle se tiendra le 29 juillet 2018, c’est dire haut ce que stipulent les textes, mais, ce vote pourrat-il se tenir dans le septentrion ? Comment faire pour que les populations du Nord aillent aux urnes, sans que leurs ventres ne soient pas noués par la peur  ? Est-il certain que les écumeurs des sables voient-il d’un bon oeil la tenue d’un tel scrutin ? C’est pourquoi, ses propos assenés par le PM malien devraient être pris avec des pincettes, car certes, ils encouragent, ils montrent qu’il y a une réelle volonté politique de faire du Mali, un pays un et indivisible.

Mais entre ce désir et la réalité, il y a un abysse, pour le moment infranchissable. C’est déjà bon à prendre, même si on attend de voir M. SOLUTION à l’œuvre avant de prononcer un jugement tranché. Six mois, c’est déjà demain, et on sera fixé de toute façon sur les compétences de ce 5e et dernier PM d’IBK I.

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